Une petite musique intérieure

    Ce matin, je suis allé m’asseoir sur mon banc, sous le pin maritime. Je contemplais la vallée jusques aux montagnes lointaines, pourtant si proches, des alpes. J’écoutais le calme de la vie, ponctué par quelques oiseaux, percé ponctuellement par quelques bruits civilisateurs, amortis par la clémence ouatée de la nature lorsque, soudain, émergeant de la brume matinale, je vis s’élever une montgolfière. Puis deux, et encore d’autres, au-dessus de la ville. Spectacle majestueux d’un silence irréel qui provoqua une ascension en mon fort intérieur. Et j’entendis l’Hostias du Requiem de Verdi. Puis, j’entendis le début d’Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. La vibration sourde des cordes qui éclatent dans le martèlement de la grosse caisse… à l’unisson des battements du cœur. et, le soleil parut…

    Cette progression de la pensée intérieure, portée par la musique, en ce qui me concerne, mène sur le chemin de l’ordre universel, dans une pratique juste avec la nature et une conscience confrontée à la réalité. Après le silence, ce qui vient le plus près à exprimer l’inexprimable est la musique. La musique est la révélation du langage véritable du subconscient, qui mène au-delà du possible. L’amour, la mort, l’espérance, la joie, les peines, la vie… tout est exprimé, porté, apporté par la musique.

    La musique est le lien le plus universel entre les êtres et un des meilleurs supports à la réflexion. Qu’y a-t-il d’identique entre le velouté de la clarinette et les aigus du violon, entre le son lointain du cor et le son tonitruant de la trompette ? Ils sont tous différents et, pourtant, tous font partie d’un même ensemble : l’orchestre. Ils restituent, ensemble, la pensée, les sentiments d’un même compositeur. Et que dire du violoncelle, cette voix intérieure qui bouleverse le plus profond de notre être, de nos pensées, de nos sentiments dans ce que nous avons de plus charnel et de plus… spirituel ? Le temps et l’espace disparaissent pour laisser place à la réflexion. La précarité de l’existence, la fugacité du temps.

    La musique, cet univers infini, emmène aux tréfonds de soi. Elle m’a appris le regard intérieur, qu’il n’y avait pas une seule voie et que la vie se trouve dans la diversité et la différence. La musique est une expérience, un cheminement qui donne accès à la variété de pensée, de réflexion, de sentiments et qui ouvre à l’acceptation de cette diversité et aux autres. Elle me permet d’arriver à l’harmonie, cette respiration qui traverse notre être pour le mener vers le mouvement de la vie et de son équilibre avec le destin qui n’est pas fatalisme mais que l’homme peut construire… comme une musique, comme sa propre musique…

Jean, libre penseur

Tableau musique Jean crédit J. V.-2

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