Un témoignage d’amitié à deux voix

Un témoignage d'amitié à deux voix

À Marseille, des femmes ont su dépasser leurs différences de cultures et de religions pour nouer des relations qui ont transformé l’atmosphère d’un quartier : un témoignage d’amitié à deux voix.

Amina : Quand je suis arrivée en France, seule dans un pays étranger, je ne connaissais personne, et je cherchais cette chaleur familiale que j’ai laissée à Oran. J’ai donc cherché à contacter les Focolarines de Marseille qui, à ma grande surprise, étaient mes voisines. J’ai tout de suite compris que Allah, Seigneur de l’univers, les avait envoyées ici, et moi aussi, pour quelque chose : ce vivre ensemble et cette belle fraternité qui sont nés à l’instant où j’ai franchi la porte du focolare(1). Par la suite, le plaisir d’organiser des rencontres avec les familles algériennes ou non m’a rendue encore plus forte.

Mared, du focolare de Marseille : Ces dernières années, nous avons noué de nombreux rapports, nés de la vie. Chérifa, Fathia, Issa, Bachir, Weiba, Halima, Kadijia, Momo, Yanis… et tant d’autres sont désormais nos amis. Ce sont nos voisins, des mamans, des enfants du quartier qui nous sautent au cou pour nous saluer quand nous nous croisons dans la rue en allant au travail ou faire des courses. Ces rapports sont nés de petits services. Nous avons ainsi proposé de faire du soutien scolaire pendant les vacances. Notre quartier du 3e arrondissement de Marseille, renommé pour être le plus pauvre d’Europe, se caractérise en effet par le fait qu’il reçoit des primo-arrivants ne parlant pas encore bien le français. Les mamans surtout ont accueilli cette opportunité d’en faire un lieu de rencontres et de nouvelles amitiés. Toutes ces mamans vivent dans le quartier, mais ne se fréquentaient pas. La plupart ne sortent jamais de chez elles si ce n’est pour accompagner les enfants à l’école au coin de la rue et ce sont les maris qui font les courses dans les supermarchés.
Lors d’un des attentats à Paris, Chérifa nous confie qu’elle et sa famille ont peur de sortir dans la rue, plus d’une semaine sans mettre le nez dehors. Nous acceptons son invitation à venir chez elle manger le couscous avec une famille de réfugiés albanais.
Un jour, la fille de quelques mois de Bachir et Fathia a la fièvre. C’est la nuit. Nous n’hésitons pas à les accompagner à l’hôpital. Nous récupérons également la famille de retour du pays à l’aéroport.
La convivialité a été un fondement inébranlable pendant la période de crise que nous avons traversée en raison des différents attentats qui ont frappé la France. De façon générale, nous pouvons affirmer que notre quartier a changé de physionomie. Il est devenu un village, où l’on se salue, où l’on prend des nouvelles, où l’on se visite. On se dispute aussi et l’on apprend à se pardonner. On partage les peines.

Amina : Marseille, qui me paraissait gigantesque à mon arrivée, est devenue ce petit village convivial, joyeux. Les fêtes, le Ramadan, l’Aïd, se passent comme chez moi, grâce à toute cette famille qui s’est formée petit à petit en allant vers l’autre sans préjugés ni peurs.

 

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(1) focolare : petite communauté de vie de laïc consacrés du mouvement des Focolari

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