Un renouveau appréciable

Un renouveau appréciable

Un renouveau appréciable. L’an passé, ses adversaires l’appelaient « Sleepy Joe » (Joe l’endormi), moquant son âge avancé (78 ans). Et pourtant, Joe Biden offre à la scène internationale un renouveau bien appréciable, après quatre ans de diplomatie calamiteuse, méprisante et va-t-en-guerre de son prédécesseur. La tournée européenne du président américain en juin (G7, sommet de l’Otan, réunions avec l’Union européenne et avec Vladimir Poutine) montre un désir de relations multilatérales apaisées, à défaut de tout régler. L’homme de la Maison-Blanche a envie de dialoguer et non d’invectiver, conscient que l’après-crise sanitaire doit être envisagée au niveau de la planète et non dans un chacun-pour-soimortifère.

On voit des fruits concrets de ce contexte international favorable. Le programme Covax, visant à donner des millions de doses de vaccin anti-Covid aux pays en développement, va être redynamisé. Les pays du G7 ont promis de distribuer plus d’un milliard de doses d’ici à la fin 2022, soit deux milliards depuis le début de la pandémie. Notons que de son côté, la France a doublé sa promesse, la faisant passer à 60 millions de doses cette année. L’initiative planétaire Build Back Better World (Reconstruire un monde meilleur), qui fait appel aux dons du secteur privé, va mobiliser des centaines de milliards d’euros pour l’Amérique latine, les Caraïbes, l’Afrique
et l’Asie, autour de projets touchant au climat, à la santé, et à la lutte contre les inégalités. Ne soyons pas naïfs, il s’agit aussi de lutter contre l’expansionnisme chinois.

En quête d’un nouvel élan après deux années difficiles, nos grands pays semblent emboîter le pas à Biden. Son arrivée a permis de débloquer le vieux dossier des taxes des géants de l’internet. Ces Gafam, qui se sont enrichis (encore plus que d’ordinaire) pendant que les couvre-feux fermaient nos boutiques, vont connaître une
fiscalité s’approchant de celles des autres acteurs économiques. Il n’est que justice que ces sociétés rendent enfin leur dû aux États qui se sont endettés pour soutenir l’économie. Ces rentrées vont permettre de donner des moyens à nos indispensables services publics. Et cette révolution met à mal le système immoral des paradis fiscaux, non pas seulement dans les îles lointaines, mais aussi à nos portes, en Irlande ou au Luxembourg.

Alors que la vie revient presque à la normale, apprécions ces signes d’espérance pour un monde plus ouvert à son prochain comme à son lointain.
Bel été !
Philippe CLANCHÉ et Émilie TÉVANÉ
redaction@nouvellecite.fr

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