Estime de soi mode d’emploi ? Témoignages…

Estime de soi mode d'emploi - revue Nouvelle Cité mai-juin 2017

Estime de soi mode d’emploi ? Voici quelques témoignages vécus.

S’émerveiller… encore

Lorsque j’étais enfant, j’ai rencontré sur ma route des personnes qui ont su mettre en valeur qui j’étais : en accordant de la considération et de la place à des faits de ma vie qui, tout en étant parfois petits, s’avéraient importants à ce moment-là pour moi. Parmi elles : mes institutrices, ma première catéchiste, un certain nombre de professeurs et de surveillantes d’internat qui n’hésitaient pas à nous donner des responsabilités auprès des plus petites. Par la suite, à 18 ans, j’ai rencontré des jeunes puis des adultes du Mouvement des Focolari qui ont cru en moi, alors que j’étais timide et réservée. Elles m’ont donné confiance par l’amour qu’elles me témoignaient. Un peu plus tard, c’est lorsqu’une de ces personnes nous a raconté comment elle avait réussi à s’accepter telle qu’elle était que j’ai pu moi-même faire ce pas.

Il me semble qu’avoir l’estime de soi, c’est aussi accueillir et ne pas nier nos propres capacités quand parfois elles nous émerveillent encore. Par exemple, combien de fois ai-je « remercié le ciel » devant ma capacité à construire une séance très fructueuse d’apprentissage pour mes petits élèves, juste à partir d’une idée qui m’avait traversé l’esprit ou que j’avais lue dans une revue ? J’ai vu alors ces idées s’enrichir par la mise en commun avec des collègues ! Ou bien comment ne pas être émerveillée devant ma « main qui écrit et peut tracer » des arabesques qui ont un sens, ma « tête qui peut traduire » une autre langue, mon cœur et mon intelligence qui m’offrent la possibilité de participer à un projet commun dont les fruits nous réjouissent ensuite ?

Reconnaître ses propres capacités peut conduire à l’orgueil ou au contraire au partage et à remercier notre Créateur pour les dons reçus. C’est alors plutôt la marque d’une véritable humilité. Ce merci adressé à Dieu peut devenir une force lorsque les limites personnelles ou extérieures se présentent. Car alors la relation avec Lui se poursuit dans cette rencontre avec Jésus qui a souffert et vécu tant de limites sur la croix. Comme il faut du temps pour comprendre que reconnaître ses qualités n’est pas forcément de l’orgueil, il en faut aussi pour accueillir limites et jugements personnels ou extérieurs. Et reconnaître que ce n’est pas forcément un signe de décadence de notre personne mais un chemin pour délester notre personnalité de ce qui l’encombre encore.

Lorsque vers la fin de ma carrière j’ai voulu changer d’école, une directrice m’a fait remarquer que j’étais « trop âgée, que les parents d’élèves attendaient sûrement une jeune » ! D’abord surprise puis blessée, le vécu positif de ma profession et ma relation avec Jésus crucifié m’ont permis de réagir positivement en contrant ses arguments avec sagesse. Même si j’ai compris qu’il était désormais préférable de terminer ma carrière dans l’école où j’étais.

Il est évident que l’on ne peut grandir dans l’estime de soi que si l’on est dans la relation à autrui et qu’on l’estime. Ce que j’ai appris déjà grâce à ma famille – le respect des personnes y avait une belle place – puis à l’extérieur. Par le don réciproque, ce va-et-vient d’amour nous fait devenir toujours plus nous-mêmes, il met en lumière les pas à accomplir, les réussites. Notre identité s’enrichit de l’apport de l’autre, et de l’Autre si cette relation à Dieu existe. Un beau jour, nous nous apercevons que nous aimons vraiment ce que nous sommes (devenus), même s’il reste en nous des points à améliorer, à purifier, à faire fructifier encore. ●

Jacqueline

Un groupe qui donne de l’élan

À l’âge de 80 ans, j’ai cumulé problèmes de santé et difficultés personnelles, qui ont évolué en dépression. Mon état s’étant aggravé, j’ai dû être hospitalisée en milieu psychiatrique. J’avais perdu toute confiance en moi, je me sentais triste et fatiguée. Avant cette hospitalisation, je m’étais rendue à un « rendez-vous vacances » à la montagne, qui m’avait beaucoup touchée par les activités proposées, la qualité d’accueil des personnes rencontrées et l’approfondissement spirituel proposé. Désirant poursuivre cette expérience, j’ai rejoint un groupe de Parole de Vie des Focolari qui s’était formé dans ma ville. Pour moi, cette rencontre mensuelle est un vrai ressourcement en raison des liens qui se tissent, de la convivialité des rencontres réalisées dans un cadre chaleureux, et de la profondeur du partage spirituel. C’est un moment qui me donne de l’élan pour continuer.

Simone (Genève)

Vous avez cru en moi

Au collège, c’était un enfant réservé, lent, qui participait peu à la vie de la classe. Les professeurs, mes collègues, le considéraient comme « peu doué ». Pourtant, je remarquais assez vite que sa lenteur cachait une réflexion profonde et souvent il était le seul à trouver une réponse valable aux exercices que je donnais. Je l’encourageais, et il prenait de l’assurance. En fin de troisième, il fut orienté dans une voie professionnelle et il a travaillé dans un garage.

Il y a quelque temps, je faisais mes courses dans un magasin ; je suis abordée par un jeune homme souriant. Quand il me dit son nom, je reconnais son regard. Il m’apprend qu’il a repris des études et a passé avec succès le concours de la police ! « C’est grâce à vous, madame, vous avez toujours cru en moi. » ●

Annie

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