Rester debout pour rester proche

Rester debout pour rester proche

Rester debout pour rester proche

« Être proche des gens qui souffrent. » Tel est le mot d’ordre de Margaret Karram, la nouvelle présidente du mouvement des Focolari, à qui l’on demandait que faire face à  la pandémie (voir p. 10). « Il est impossible de limiter cet appel aux seules victimes, directes ou indirectes, de ce fichu virus, ajoute-t-elle, car notre monde ne l’avait pas attendu pour laisser des hommes et des femmes sur le bord de la route, laissés pour compte de nos sociétés qui, globalement, s’enrichissent. » Ces pauvres dont le visage ne cesse de changer, comme l’explique le sociologue argentin Juan Estéban Belderrain dans ce numéro (voir p. 18). En choisissant de baser son encyclique Fratelli Tutti sur le Bon Samaritain de
l’Évangile, le pape François a aussi évoqué la figure de celui qui vient réconforter le malheureux que l’on ne voit pas, par choix ou par maladresse.

Dans sa tradition latino-américaine, la proximité du frère s’exprime par le geste de l’abrazo (littéralement : prise dans les bras), cette longue
accolade, pendant de notre bise européenne. Peut-on être plus proche que dans les bras de l’autre ? Un geste fort, nourrissant, dont nous prive la Covid-19. Il nous faut donc encore et toujours être plus proches… mais à distance, sans contact, sans pouvoir transmettre sa chaleur et la recevoir de l’autre. Le téléphone et les outils numériques offrent des modes de proximité nouveaux, et les communautés chrétiennes en ont usé et abusé à raison pour garder le lien le plus personnel possible. L’expression « prenez soin de vous » fleurit en fin de nos conversations. On somme notre prochain d’être attentif à lui-même. Pour sa santé bien sûr, mais aussi pour pouvoir, plus tard, le retrouver « en vrai », se rapprocher à nouveau, physiquement, de lui. Chacun doit être attentif à son corps et à ses émotions. Non pas uniquement pour lui-même, mais pour rester debout et demeurer d’avantage capable d’aller vers l’autre, le frère. Un bel objectif dans cette montée vers Pâques. n

Philippe CLANCHÉ et Émilie TÉVANÉ
redaction@nouvellecite.fr

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