Premiers pas au Brésil

Premiers pas au Brésil

Premiers pas au Brésil

PARIS, LONDRES, LE BRÉSIL, les implantations de focolares se multiplient. Alors que « l’Idéal avance sur tous les continents », comme cela se chante dans les Mariapolis, le Mouvement se démène toujours pour se faire accepter par la Curie romaine. La Conférence épiscopale italienne lui donne du fil à retordre.

En octobre 1958, l’idée d’ouvrir un focolare à Paris se précise. Doriana Zamboni, Piero Pasolini et Gino Bonadimani sont les premiers à arriver à Paris. Il est assez difficile de trouver un logement et du travail. Gino, qui est médecin, accepte un emploi d’ouvrier manutentionnaire. Dori se souvient de la soeur d’une amie milanaise qui habite Londres. Cette personne l’invite, ainsi que Piero et le père Nazareno, à venir la voir. Ainsi commence aussi la vie du Mouvement en Angleterre.

Un prêtre brésilien avait participé à la Mariapolis de l’été précédent et avait voulu parler à Chiara pour lui demander d’ouvrir un focolare dans sa paroisse. Il s’engageait à trouver un logement et un travail pour les focolarini qui viendraient. C’est ainsi que le 26 octobre 1958 est entrepris le premier voyage de Lia Brunet, Fiore (Ada Ungaro) et Marco Tecilla en Amérique latine. Comme ils sont les premiers à partir si loin, Chiara les accompagne à l’aéroport de Ciampino (l’aéroport international de Rome à l’époque) avec Don Foresi et Igino Giordani. Arrivée sur place, l’équipe découvre que le prêtre qui les a invités a été transféré par son évêque dans un autre État du Brésil. Chiara, à distance, leur propose de chercher une maison à San Paolo.Durant toute cette période, Chiara voyage constamment, travaille beaucoup, aide, conseille, supervise même si elle semble rester très discrète et apparaît peu dans les faits et les différents récits d’événements.

En 1959, Chiara fonde le Centre Sainte-Catherine, chargé de développer une politique inspirée de l’Évangile. Suivront les centres pour l’économie, la médecine, l’art, l’éducation et la philosophie.

À la Mariapolis de 1959, les participants arrivent de 40 pays différents – y compris d’Amérique latine. On comptabilise le passage de 12 000 personnes et on commence à penser à organiser les Mariapolis dans diverses régions du monde. « L’Idéal avancesur tous les continents et une chose compte plus que tout : l’Amour de Dieu nous unira. » C’est ce que l’on chante à cette Mariapolis.

Au Brésil tous demandent déjà que l’on ouvre un focolare et l’archevêque de Recife envoie même une lettre à Chiara en ce sens.

Recife devient ainsi le premier lieu d’accostage du Mouvement sur le continent sud-américain et, le 25 octobre 1959, ils sont huit à embarquer à Gênes pour le Brésil. Deux focolares sont ouverts. Parmi les focolarines se trouve Ginetta Calliari, une des premières compagnes de Chiara qui restera plus de quarante ans au Brésil, jusqu’à sa mort en 2001.

Accusateurs et défenseurs

À Rome, le pape Jean XXIII souhaite achever la Règle commencée par le père Martegani et veut un avis de la Conférence épiscopale italienne sur les Focolari. Or,tout le monde sait que cette Conférence était opposée à toute forme de nouveauté. Le dossier va en réalité rester un bon moment sur les bureaux de la Congrégation des religieux.

Lorsque Igino Giordani apprend qu’il a été proposé de confier à la Conférence épiscopale italienne de décider si le Mouvement pouvait exister ou non, c’est-à-dire si le mouvement des Focolari est dans la ligne de l’Église ou s’il faut le condamner, il écrit aussitôt une lettre à l’archevêque de Milan, Mgr Montini, futur Paul VI, qui se trouve ces jours-là à Rome. Il dit :
« Le Saint-Office fonde toutes ses accusations contre nous sur la déposition d’un Sicilien. Il s’agit d’un pauvre diable, malade de la tête, qui affirme que, dans le mouvement des Focolari, moi, Igino Giordani, je représente l’Esprit Saint ! Comme vous vous en rendez compte, ce n’est pas une plainte d’ordre théologique, mais plutôt d’ordre pathologique. Cela ne concerne pas l’Église mais l’hôpital. Nous sommes accusés parce que nous cherchons à avoir des relations avec les plus malheureux. Dès que j’ai connu les premières focolarines, elles ont toujours eu ce genre de relations. C’est la raison pour laquelle on nous accuse… »

La lettre se poursuit, donnant de nombreux éléments précis. Mgr Montini demande alors à Giordani s’il peut la lire à la Conférence épiscopale, ce qui est fait et contribue grandement à faire en sorte que le Mouvement puisse continuer à exister.

La difficulté principale vient du fait que les Focolari sont une sorte de maquette de l’Église, où toutes les branches de la société sont représentées ainsi que toutes les vocations. Depuis le mouvement créé par Catherine de Sienne au xive siècle, il n’y a jamais rien eu de semblable dans l’Église.

Comme on le voit, non seulement Giordani cherche à défendre le mouvement des Focolari mais il s’y engage totalement. Il ne dit plus « les Focolari » mais « nous ». Il a déjà donné toute sa vie et joué sa carrière, sa réputation et ses amitiés.

Or il se trouve dans le même temps que Palmiro Foresi, député, et son fils Pasquale sont en contact avec Mgr Palazzini, futur secrétaire de la Congrégation du Concile. Ainsi, Palazzini entreprend tout ce qu’il peut pour faire connaître et apprécier le Mouvement par la Curie romaine.

Nous sommes accusés parce que nous cherchons à avoir des relations avec les plus malheureux

Naissance de Nouvelle Cité

Décembre 1959 marque l’ouverture de la première Mariapolis permanente à Grottaferrata. La revue Città Nuova (Nouvelle Cité) atteint cette année-là un tirage de 50 000 exemplaires. Elle est née sous l’impulsion de Don Foresi quelques années plus tôt, lors de la Mariapolis de Fiera di Primiero. Le bulletin avait alors été tiré à seulement 90 exemplaires pour permettre de rester en lien avec les participants. Ce bulletin fut appelé Nouvelle Cité (Città Nuova) en référence à la phrase de l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles… » En 1959, la maison d’édition Città Nuova voit le jour et c’est aussi la première publication d’un livre de Chiara qui devient un best-seller dans de nombreuses langues : Méditations.

Dominique FILY

 

 

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