Premiers déploiements hors d’Italie

Saga des Foco

UN ACCIDENT DE VOITURE LAISSE CHIARA IMMOBILISÉE DES SEMAINES, au cours desquelles elle comprend la puissance de l’amour de Marie et comment sa  maternité spirituelle peut se déployer. Alors que l’étude du Mouvement par le Vatican s’étire, les Focolari arrivent en France, en Belgique et dans les pays de l’Est. Premiers déploiements hors d’Italie.

Un jour d’avril 1957, Chiara avait été convoquée par Mgr Montini. Elle était en voiture avec Lia lorsqu’elle eut un accident rue Nomentana, à Rome. La voiture avait  sans doute dérapé sur une flaque d’huile et était entrée en collision avec un pin sur le bord de la chaussée. La portière s’était ouverte et Chiara avait été projetée au-  dehors. Un homme vint en aide à Chiara et la transporta dans sa voiture jusqu’à l’hôpital le plus proche.

Lia criait par la fenêtre : « Laissez passer, nous transportons  une mourante. » Chiara fut hospitalisée et plâtrée depuis le cou jusqu’à la taille, y compris le bras droit qui  devait rester suspendu en l’air. Chiara avait une fracture de la clavicule, de l’omoplate et de la jambe droite. Les semaines suivant sa sortie d’hôpital, elle passa sa  convalescence à la villa Maria-Assunta, à Grottaferrata, et se remit lentement et en souffrant beaucoup.

C’est durant cette période que Chiara comprit de façon originale la réalité de « Marie mystique » d’une manière nouvelle. Elle disait : « Entrée un jour dans une église,  le coeur plein de confiance, j’ai demandé à Jésus : “Pourquoi as-tu choisi de rester sur la terre, en tous lieux, dans la très douce eucharistie, et n’as-tu pas inventé, toi  qui es Dieu, une manière de nous laisser aussi Marie, notre maman à tous qui sommes en chemin ?” Dans le silence, Jésus semblait répondre : “Je ne l’ai pas laissée  car je voudrais la retrouver en toi. Même si vous n’êtes pas immaculés, mon amour vous rendra vierges. Et toi, vous tous, ouvrirez les bras et un coeur de mère à l’humanité qui, comme alors, a soif de Dieu et de sa mère. À vous maintenant d’apaiser les douleurs, de panser les plaies, d’essuyer les larmes. Chante les litanies, et  cherche à te refléter en elles.” »

En cette année 1957, Chiara décida de se rendre en Allemagne. Elle était accompagnée d’Aldo Stedile (Fons). Ils arrivèrent à Münster où Chiara allait rencontrer un  père jésuite qui avait fui des pays de l’Est et Fons fut invité à parler au séminaire. Ce sont là les débuts de l’arrivée du Mouvement dans les pays de l’Est.

Lente approbation et rapide expansion

Le dossier du Mouvement à l’étude arriva sur la table de Pie XII. Par trois fois, entre Pâques et fin juillet de cette année 1957, Pie XII refusa les conclusions du Saint-  Office qui aurait préféré voir les militants focolari remplir les rangs de l’Action catholique. Il se fit finalement remettre le dossier.

À ce stade, don Foresi joua un rôle  important puisqu’il demanda à un conseiller de Pie XII qu’il connaissait, jésuite lui aussi, de suggérer au pape de nommer une personne de confiance pour reprendre le dossier. Le pape accepta cette proposition et nomma le père Martegani (jésuite) pour conclure positivement le travail sur la  Règle.

Par le passé, il y avait eu plusieurs projets de statuts pour demander l’approbation sous différents noms, mais ils n’avaient jamais été acceptés. Lorsque don Foresi dit  au Vatican que Chiara souhaitait que le Mouvement s’appelle « OEuvre de Marie », le père Martegani eut un élan de joie qui aida à accélérer l’approbation.

Cette année-là, à la Mariapolis, on remarqua la présence de nombreux évêques et personnalités ecclésiastiques très connues, telles que le père Riccardo Lombardi et  le père Werenfried Van Straaten.

En février 1958, en Belgique, Chiara alla rencontrer le père Werenfried, ce religieux belge qui avait développé un très vaste réseau d’assistance spirituelle et matérielle  aux milliers de réfugiés des pays de l’Est. Naquit alors l’idée de collaborer avec son oeuvre – qui s’appellerait plus tard L’Aide à l’Église en détresse – en envoyant des  membres du Mouvement travailler à l’abbaye des Prémontrés, près de Bruxelles. Fons arriva dès le lendemain à Bruxelles sans parler un mot de français. Pendant des  années, il sera le secrétaire du père Werenfried et l’accompagnera dans tous ses voyages.

Au printemps 1958, Chiara demanda à Vale et Fons de se rendre à la foire de Leipzig, en Allemagne de l’Est, un prétexte pour rencontrer ceux qui connaissaient déjà  les Focolari et aussi de nouvelles personnes. Khrouchtchev devait mobilisait toutes les forces de police. Plusieurs rencontres du Mouvement purent ainsi avoir lieu,  avec au total une centaine de personnes.

Au mois de mai, Chiara revint à Bruxelles pour l’ouverture de l’Exposition universelle et c’est là que naquit l’idée de faire de la Mariapolis de cette année-là une petite «  Exposition de Dieu ».

Un groupe de Français participera à la Mariapolis à Fiera di Primiero durant l’été. Ils y avaient été invités par le focolare qui s’était ouvert à Grenoble (le premier hors  d’Italie). Chiara retourna début septembre à Bruxelles et constata que le Mouvement était en train de se répandre très vite.

Après avoir traversé la France en voiture, elle arriva le 15 septembre à Lourdes avec quelques focolarini et focolarines. Elle y confia « l’explosion » du Mouvement,  comme elle disait, à Marie.

À vous maintenant d’apaiser les douleurs, de panser les plaies, d’essuyer les larmes.

Pie XII mourut le 9 octobre 1958. Le père Martegani n’avait pas eu le temps de terminer le travail demandé sur la règle avant la mort de Pie XII qui avait redit peu de  temps auparavant son approbation et sa conviction qu’il s’agissait là d’un charisme authentique à ses yeux. « Il est temps que vous sortiez, avait-il dit, et si vous avez  été examinés longuement, c’est parce que la solution que l’on voulait donner pour votre Mouvement devait être la meilleure possible. »

Le cardinal Roncalli, patriarche de Venise, fut élu le 28 octobre 1958 et prit le nom de Jean XXIII. Peu de temps avant cette élection, l’archevêque de Trente, qui était un  ami personnel de Roncalli, avait dit : « Si le patriarche de Venise est élu, vous pouvez être tranquilles. »

Dominique FILY

Pour en savoir plus ACHETEZ CE NUMÉRO ONLINE
ou bien
Abonnez-vous à la lettre gratuite !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *