Oser prendre soin – Edito de la revue Nouvelle Cité de septembre-octobre 2020

Oser prendre soin - Edito de la revue Nouvelle Cité de septembre-octobre 2020

Oser prendre soin

Que faisaient les six  jeunes humanitaires français assassinés au Niger le 9 août ? Myriam (voir notre hommage) et ses compagnons connaissaient les risques encourus par des Occidentaux dans cette région où sévissent des groupes islamistes fondamentalistes animés par la haine de l’autre. « L’exclusion, les   inégalités, le mépris et l’abandon engendrent la colère. Ils sont le terreau de cette violence qui a emporté ma sœur et sept autres victimes innocentes», s’exprimait Simon, le frère de Myriam le 14 août à Orly, lors de la cérémonie nationale présidée par le Premier ministre. Plus tard, un  collectif  d’humanitaires  français  rappelait : « Nous savons que les opérations militaires internationales ne peuvent remplacer une action déterminée pour plus d’éducation, une meilleure gouvernance et répartition des richesses, la lutte contre l’impunité, des mesures contre les effets du réchauffement climatique sur la production agricole, sans lesquelles aucune paix ne peut être durable. »

Malgré le danger, les militants d’Acted sont allés au bout de leur mission auprès d’une population parmi les plus pauvres et les plus délaissées de la planète. Ils ont osé aller soigner, en anglais Dare to care, le slogan proposé aux Jeunes pour un monde uni et à leurs aînés qui implique une société dans laquelle on vivrait avec les autres plutôt que contre les autres. L’éthique du care, ou éthique de la sollicitude, englobe divers concepts : l’attention, le soin, la responsabilité, la prévenance, l’entraide… « En cette période de profonde crise humanitaire, à cause du coronavirus, émerge une nouvelle façon de se comporter, de vivre », affirme Jesús Morán, le coprésident du mouvement des Focolari. Dans ce cadre, « le soin, la prise en charge, l’attention aux autres, à la société, à la planète » apparaît comme « une catégorie centrale ».

Voici donc un appel à « prendre en charge » nos frères lointains ou plus près de nous, les laissés- pour-compte de nos sociétés riches et inégalitaires, et les victimes de la crise économique post-Covid. L’invitation est lancée. Il est bien des manières d’oser s’engager, de franchir le pas vers l’autre.

Plus que d’autres, les croyants savent bien qu’il est temps de répondre « oui » à la question- reproche de Caïn après avoir tué son frère : « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9), et nombreux sont ceux dont la vie le prouve. Celles de Myriam et de ses compagnons d’humanité par exemple, au-delà de leur croyance personnelle. Osons continuer, chacun selon ses forces et ses moyens, leur travail engagé pour combattre les injustices et construire la paix au jour le jour.

Philippe CLANCHÉ et Émilie TÉVANÉ
redaction@nouvellecite.fr

Pour en savoir plus ACHETEZ CE NUMÉRO ONLINE
ou bien
Abonnez-vous à la lettre gratuite !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *