« On ne quitte pas l’autre dans la tourmente » – Édito de la revue Nouvelle Cité de janvier-février 2021

On ne quitte pas l'autre dans la tourmente

« On ne quitte pas l’autre dans la tourmente »

Son dernier souhait était de retourner en Algérie. Décédé à 91 ans le 1er décembre 2020, à Lyon sa ville natale, Mgr Henri Teissier a donné sa vie à ce pays, où il vécut une partie de sa jeunesse, puis sa vie de prêtre (depuis 1955) et d’évêque (à Oran, puis Alger comme coadjuteur et archevêque en 1988). Un engagement inséparable de celui de citoyen algérien qu’il était au service du pays et de ses habitants. Successeur du cardinal Duval, excellent arabisant et spécialiste de l’islam, Henri Teissier a poursuivi la voie de cette petite Église d’Algérie offerte à tout un peuple. Avec d’autres prêtres, religieux, religieuses et laïcs, il fut ce témoin de l’amour de Dieu jusqu’au martyre quand la violence a embrasé le pays au milieu des années 1990. Cette Église a dû inventer sa présence en temps de crise si elle ne voulait pas « se tromper et tromper son monde », comme disait Pierre Claverie. Elle a su nouer avec les Algériens un lien d’amitié « nouveau si fort que rien ne pourra le défaire», montre le père Christian Salenson dans son dernier livre.

« La présence de l’Église, le courage de Mgr Teissier, des religieux qui l’ont accompagné et ont accepté de ne pas nous abandonner, de vivre avec nous les heures sombres traversées nous a rapprochés et nous a donné une leçon d’humilité, d’amour pour l’Algérie et pour son prochain. On ne quitte pas l’autre dans la tourmente », écrit Nadia Ait-Zai, militante algérienne des droits de l’homme.

Dans cette histoire, les Focolari ont pris largement leur part avec l’expérience du focolare de Tlemcen, lancée en 1966. Ce lieu laboratoire, ouvert aux croyants musulmans, est raconté dans le documentaire de Fabio Bertagnin Au-delà du dialogue. Le chemin ouvert par l’Église et les focolari présents en Algérie peut nous aider à vivre la situation française, alors que la violence terroriste persiste sur notre sol. Quand des expressions de haine de l’autre se multiplient, que les réponses apportées s’abritent derrière des lois sécuritaires, que peuvent apporter ceux qui croient que l’appartenance à la grande famille des enfants de Dieu surpasse toute considération ? L’expérience du frère Adrien Candiard en Égypte (p. 18) comme l’engagement œcuménique proposé à tous les chrétiens courant janvier, et la réalité douloureuse des abus (p. 8 à 10) ramènent à la grande quête de l’unité humaine. Comment se tenir dans les fractures de l’humanité ?

Un défi à relever ensemble en 2021, une année que toute l’équipe de Nouvelle Cité vous souhaite libératrice, constructive et heureuse.

Philippe CLANCHÉ et Émilie TÉVANÉ
redaction@nouvellecite.fr

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