« Nous sommes allés jusqu’au bout malgré les difficultés »

Cette histoire de tombola a commencé il y a bien longtemps, fin 2019. Tout est parti du désir de faire connaître Chiara Lubich à la société civile, dans le contexte effervescent du centenaire de sa naissance. Des volontaires de la région de Nice ont lancé cette idée de financement pour organiser un événement. Un petit comité s’est constitué, allant de Nice et alentours jusqu’à Menton en passant par Monaco. « Personne n’était alors en mesure d’imaginer les difficultés », raconte Gilbert. Le Covid-19 a rebattu les cartes. « L’épidémie et les révélations des abus commis au sein du Mouvement nous ont tous paralysés », se rappelle Pierre. Mais ils ont essayé de comprendre ensemble comment continuer malgré les désaccords et les écarts de sensibilités. Ils se sont accrochés à cette idée que « tout doit partir du local », et décident d’attribuer l’argent de la vente des billets à des familles libanaises dans le besoin via l’AMU.

Missionné pour s’occuper des finances, Gilbert va mettre en contact son réseau d’amis Focolari avec son réseau d’amis « JRS Welcome », une association qui accueille des migrants. Le point de jonction, c’est son ami Jean-Pierre Augier, sculpteur, investi avec sa femme dans l’association. Ce dernier réalise une Vierge de Miséricorde et l’offre pour ce projet.

Isabelle R. témoigne : « Il y avait un grand écart entre ce que nous voulions vivre et les contraintes juridiques à respecter. Un vrai casse-tête administratif. Et comment vendre des tickets sans pouvoir se voir ? Malgré tout, nous voulions être autonomes, responsables et coopératifs. Nous nous sommes fait confiance, ce qui a fait grandir l’amour et la vie entre nous. Tout s’est vendu le dernier mois. Un soir, alors que j’étais en train de compter les tickets, mon fils Luc, étudiant à Toulouse de passage, me tend un billet en disant : “Tiens maman, c’est pour ta tombola !” C’est lui qui a gagné le gros lot, la sculpture ! Le seul jeune qui avait acheté des tickets. » Luc y a vu un signe de la tendresse de Marie, à une période pleine de doutes concernant ses études. « Il préparait le concours de professeur après des années de phobie scolaire », dévoile sa mère. Il a pris une demi-journée pour la remise du prix à l’atelier de M. Augier. Luc a eu son concours ! « J’ai beaucoup prié. Je crois qu’il y avait Dieu là-dessous », dira-t-il.

Gérald, lui, a admiré l’opiniâtreté des participants. « Chacun pouvait dire ce qu’il avait à dire, apportait sa spécificité, et cela ne posait pas de problème. Nous sommes allés jusqu’au bout malgré les difficultés. De nos jours, il y a tellement de possibilités de botter en touche. Le Seigneur a bien placé les choses, nous avons pu nous voir, échanger. Cet argent récolté, ça fait chaud au cœur ! J’ai trouvé dans ce groupe un aspect des premières communautés chrétiennes qui mettaient tout en commun. La simplicité, la spontanéité de chacun, le fait de ne pas se prendre au sérieux, en plein Covid, tout cela a contribué à la réussite du projet. »

Au final, 320 billets ont été vendus et 2 900 € récoltés. Gilbert imagine « les sourires de Chiara qui de là-haut, veille sur la famille. Nous pouvons rendre grâce au Seigneur d’avoir permis à cette petite communauté qui n’avait pas mené de projet concret depuis longtemps, de vivre une expérience d’unité d’une rare intensité ». Une communauté dont le désir de faire connaître Chiara à la société civile est plus que jamais vivant.

Émilie TEVANE

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