Même à la retraite, on peut vivre l’économie de communion

On peut vivre l'économie de communion

Même à la retraite, on peut vivre l’économie de communion

Jusqu’à il y a deux ans environ, je connaissais peu les Focolari. J’avais même l’impression qu’ils ne comprenaient pas les
entreprises et leurs problèmes, m’imaginant que ce Mouvement soupçonnait les entrepreneurs d’être (presque tous) des filous  assoiffés de bénéfices et peu soucieux de leur personnel ! Il m’aura fallu quelques discussions serrées avec notre fille Lucile pour changer mon regard sur eux. Elle m’avait d’ailleurs conseillé de lire des documents parus dans Nouvelle Cité avant de porter un jugement sur eux. Comprenant la justesse de sa proposition, je me procurai alors deux livres qui m’ont passionné :

L’Utopie en marche d’Isaline Bourgenot Dutru, qui raconte la vie aventureuse et féconde d’un ingénieur, François Neveux, «  entrepreneur et inventeur économiquement incorrect ». Spécialiste de l’assainissement, entrepreneur hors norme, inventeur (35 brevets déposés), il avait découvert le projet de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, et décidé de travailler autrement, en cherchant avec tout son personnel, ses clients, des gens sans emploi et même ses concurrents, à mettre l’homme en premier dans l’entreprise, et non pas la réussite, les bénéfices ou l’argent.

L’autre livre, Économie de communion. Des entreprises osent le partage, m’a fait comprendre ce qu’est cette nouvelle économie par de nombreux exemples vécus d’entrepreneurs. Elle repose sur le partage dans la liberté. Partage des bénéfices de l’entreprise en trois parts : l’une pour le développement normal de l’entreprise, l’autre pour le personnel, et la troisième pour les pauvres et la formation à l’économie de communion. Partage aussi sur le plan humain : les décisions importantes sont débattues avec les salariés, considérés comme des « partenaires » et parfois aussi avec les clients. Partage aussi sur le plan spirituel car,  dans ces entreprises, on laisse à Dieu la possibilité d’intervenir jusque dans l’activité économique concrète. Chiara va même jusqu’à dire que chaque fois que l’on agit à contre-courant du monde (ce qui est fortement déconseillé dans le monde des affaires), Dieu intervient par une rentrée d’argent exceptionnelle, une nouvelle collaboration, l’idée d’un produit à succès, etc.

Et ces principes que j’ai découverts, il me semble que je les ai vus plus ou moins mis en pratique dans l’entreprise où j’ai passé trente années de ma vie professionnelle.

Une économie de communion…sans le savoir ?

Après trois années passées dans un laboratoire travaillant sur le béton, puis quelques années dans un bureau d’études grenoblois (dont près de trois au Soudan pour la construction d’un barrage), je suis entré dans une société spécialisée dans les produits et procédés d’amélioration des bétons.

Je me souviens, par exemple, avoir inculqué à mes camarades de travail le souci de nos clients dont la satisfaction devait toujours passer avant la recherche du chiffre d’affaires ou du bénéfice immédiat. Je leur affirmais qu’en affaires, l’honnêteté est toujours récompensée, d’abord par la satisfaction du client, mais aussi par la fidélité de celui-ci, ce souci du bien du client pouvant même aller jusqu’à lui conseiller le choix d’un produit ou d’une technique de l’un de nos concurrents lorsque notre société ne possédait pas l’équivalent.

Je me souviens encore, avec émotion, de cet instant magique où je me suis agenouillé pour prier dans l’église Saint-Philippe-du-Roule à Paris avant une réunion au siège de ma société… auprès de l’un de mes clients qui venait, lui aussi, se ressourcer auprès du Seigneur.

Je me souviens aussi, avec un peu d’amusement, d’avoir entendu notre PDG dire de moi au cours d’un conseil de direction et à propos d’une opération commerciale peu claire : « Ça, on ne va pas le lui demander car il refusera sûrement ! » Partage aussi lors des moments difficiles : notre société traversant quelques turbulences et des soucis de chiffre d’affaires, notre direction  générale avait exigé, par mesure d’austérité, le départ de l’un de mes plus anciens collaborateurs. J’avais donc proposé à notre  DG, avec l’accord de toute notre équipe, d’accepter de diminuer nos salaires de 10 % chacun pour garder notre coéquipier. Notre direction, touchée par notre geste de solidarité, avait finalement décidé de garder ce collaborateur sans diminuer pour autant nos salaires. Et bientôt les comptes s’étaient redressés d’eux-mêmes !

Mais comment vivre cette économie de communion quand on est à la retraite ? Je pense que l’on peut agir de plusieurs façons. Par la prière, tout d’abord, puisque ces années de retraite nous offrent ce cadeau merveilleux du temps. La prière n’est peut-être  as économie de communion mais « communion des saints », tout simplement. Par le service des autres, à travers les multiples associations caritatives qui foisonnent dans notre pays. Par le souci joyeux de transmettre notre foi à nos enfants, petits et arrière-petits-enfants à Noël, aux anniversaires ou encore par un peu de temps partagé avec eux.

En affaires, l’honnêteté est toujours récompensée.

Cette année, nous avons offert à nos six « grands petits-enfants » déjà au travail le fameux livre Économie de communion. Des entreprises osent le partage. Nous en discuterons plus tard avec eux…

Jacques GENTIL

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