Les oiseaux, compagnons fascinants du quotidien

Les oiseaux, compagnons fascinants du quotidien

Les oiseaux, compagnons fascinants du quotidien

Chercheur en écologie forestière et ingénieur à l’INRAE de Nogent-sur-Vernisson (Loiret), Frédéric Archaux est passionné d’ornithologie. Banlieusard parisien, « je suis venu à mon métier par l’observation et le dessin », explique-t-il, enthousiasmé par la richesse que constitue la vie des oiseaux que l’on estime actuellement à 595 espèces en France métropolitaine. Auteur du livre Oiseaux, sentinelles de la nature, il raconte le départ de cette aventure : « Tout a commencé quand j’avais dix ans, lorsqu’un voisin m’a fait découvrir un accenteur mouchet – souvent confondu avec le moineau – qui avait fait son nid dans un arbuste séparant nos deux
jardins. Cette richesse est juste à nos portes mais qui peut dire à quoi ressemble le rossignol ?
s’interroge-t-il. Les oiseaux sont très présents dans notre imaginaire, pourtant, ils ne sont souvent pas bien connus. » Leur chant permet de les identifier plus facilement. Une grande partie de leur cerveau est dédiée au chant. Les aires cérébrales concernées se réduisent l’hiver puis sont reprogrammées à l’approche du printemps. « C’est un système très complexe qui a pour double fonction de défendre un territoire et de charmer les femelles. En mars, les merles, grives et mésanges sont les premiers oiseaux qui recommencent à chanter. »

Les oiseaux ne perçoivent pas l’environnement comme nous. Ils sont dotés d’une plus grande capacité d’orientation. On sait qu’après de très longs trajets, des migrateurs peuvent revenir exactement au même endroit. « On ne comprend pas tout », ajoute-t-il. Les oiseaux ne dorment que d’un œil afin de maintenir un état de vigilance constant. Mais privés de sommeil, ils pourraient mourir.

Cela permet de réguler leur métabolisme. Le martinet, lui, dort en volant. Il monte le soir et plane toute la nuit. « Certains oiseaux comme les corbeaux sont aussi intelligents que des singes. Ils ont par exemple conscience d’eux-mêmes et la capacité à se mettre à la place de l’autre. On découvre qu’ils sont capables d’émotions complexes, affirme le chercheur. On a pu voir une corneille manifestement surfer sur un toit enneigé. Il n’est pas rare que des oiseaux manifestent des signes de dépression après la perte de leur partenaire ».

La France est l’un des pays qui héberge le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Nos activités ont un très fort impact sur la biodiversité, provoquant parfois leur extinction. En cause notamment, une agriculture trop intensive et un climat qui évolue trop rapidement. Frédéric Archaux le dit : « Nos villes sont peu accueillantes. Il y a urgence à y remettre de la nature, à protéger nos écosystèmes. Nous pouvons aussi agir à l’échelle de nos jardins ! En y laissant les arbres natifs (même s’ils sont vieux) qui hébergent des insectes, du bois mort, en plantant des haies sauvages, en reconstituant une prairie, en laissant les hirondelles faire leur nid sous nos toitures. Nos jardins ne doivent pas être trop propres, il faut les ensauvager ! » Si l’on veut pouvoir continuer à observer et s’émerveiller des oiseaux, porte d’entrée dans le monde sauvage.

Émilie TEVANE

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