L’économie au risque de la relation… mais pas de son succès !

Lundi 24 novembre 2014, l’Institut Catholique de Paris accueillait chaleureusement Luigino Bruni, professeur d’économie à l’Université LUMSA de Rome et coordinateur international de l’Economie de Communion, pour une conférence devant un public nombreux, sur le thème « L’économie au risque de la relation, don, gratuité et bonheur public » avec la participation exclusive d’Elena Lasida (Professeur à l’ICP), Jérôme Vignon (Président des Semaines Sociales de France) et Geert Demuijnck (Professeur d’éthique économique à l’EDHEC).

C’est dans cette belle salle des Actes que Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’ICP, fit l’ouverture de cette conférence-débat en mettant l’accent sur l’originalité de la pensée de Luigino Bruni et de ses écrits, notamment dans son dernier ouvrage traduit en français « La blessure de la rencontre ».IMG_1089

Afin de développer les thèmes de don, gratuité et bonheur public, Luigino Bruni commença son intervention en revenant sur les fondements de la crise économique actuelle. Car si le capitalisme d’aujourd’hui réduit les êtres humains à une seule forme de relation, celle du contrat, il annihile alors toutes les autres formes de relations possibles comme celle du pacte. Cela dans le but d’éviter tout coût de sortie ou toute blessure. C’est là que le livre prend tout son sens. En revenant tout d’abord au titre de l’ouvrage : La blessure de la rencontre, Luigino Bruni le replace dans sa dimension biblique. L’on ne peut connaître Dieu et recevoir sa bénédiction qu’à la condition d’être blessé, touché par lui. De ce fait, la blessure par l’autre est nécessaire pour recevoir sa bénédiction. Si les intermédiaires (institutions, hiérarchie) empêchent le contact avec l’autre pour en éviter les blessures, ils empêchent alors d’accéder au bonheur. D’où la notion de « bonheur public ». Luigino remonte alors aux origines historiques du concept et explique le lien existant entre bonheur public (ou « félicité »), bien commun et vertu. Mais pour accéder à cette « félicité », si la vertu est nécessaire elle ne doit pas être instrumentalisée et n’être utilisée que pour elle-même. C’est là que la notion de gratuité intervient. La vertu n’est pas une fin en soi et c’est parce qu’elle ne l’est pas que le bonheur public est possible.

Après cette présentation riche d’enseignements, la deuxième partie de la conférence donna la parole à Elena Lasida, Jérôme Vignon et Geert Demuijnck qui apportèrent leur analyse critique et leur propre approche des thèmes abordés par le livre. Ils amenèrent le public à s’interroger et à questionner plus en profondeur ces différents concepts.

Après un temps de réponse par le prof. Bruni, la conférence s’acheva par une séance de dédicace. Moment privilégié où les participants rencontrèrent auteur et professeurs pour approfondir la réflexion et le débat. On se sépara l’esprit grandi et initié à la perspective d’un autre mode d’économie possible.

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