Faire société

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Faire société. Réfugiée en France, et étudiante en génie civil à Lille, la cycliste afghane Masomah Ali Zada, âgée de 24 ans, a participé au contre-la-montre féminin des jeux Olympiques de Tokyo. C’était un rêve pour elle d’être sélectionnée. Mais plus que cela. « Je n’ai pas fait cela seulement pour moi mais pour les femmes en Afghanistan qui n’ont pas le droit de faire du vélo et pour soutenir les 82 millions de réfugiés qui ont quitté leur pays pour différentes raisons », a-t-elle partagé au Trocadéro à Paris le 30 juillet à un journaliste de L’Équipe. « Pendant la course, quand j’étais trop fatiguée, j’ai pensé à cet objectif, cela m’a encouragée, donné de l’énergie, je n’étais pas stressée. »

En tout, 29 athlètes ont concouru à Tokyo sous les couleurs de l’équipe olympique des réfugiés, créée pour les JO 2016 de Rio. Leurs pays d’origine sont la Syrie, l’Iran, le Soudan du Sud, l’Afghanistan, l’Érythrée, l’Irak, la République du Congo, la RDC, le Cameroun, le Venezuela.

Ils ont été accueillis par Thomas Bach, président du Comité international olympique, dans son allocution d’ouverture : « Chers athlètes réfugiés, par votre talent et votre esprit humain, vous incarnez l’enrichissement que constituent les réfugiés pour la société. Vous avez dû fuir vos pays en raison de la violence, de la faim ou simplement de votre différence. Nous vous accueillons aujourd’hui à bras ouverts et vous offrons un foyer paisible. Bienvenue dans notre communauté olympique. » Comme ces propos auraient pu être inspirants pour nos gouvernants concernant les Afghans cherchant désespérément à fuir leur pays à la suite de la prise de Kaboul par les talibans le 15 août dernier !

Le sport et ses valeurs fédèrent au-delà des régimes politiques liberticides, des dictatures, des guerres, de la pauvreté. Les performances françaises réalisées en sports collectifs et en épreuves par équipe (17 médailles sur 33) montrent que c’est ensemble que nous pouvons aller plus loin, être plus forts. Nous ferions bien de nous inspirer de cet esprit pour affronter plus sereinement les débats autour de la lutte contre le Covid-19, la place des migrants, la chose publique et politique, l’éducation, l’économie à visage humain, l’urgence écologique. Penser le complexe, vivre les désaccords dans le respect, réfléchir avec ceux qui ne pensent pas comme moi, voilà des attitudes qui pourront aider à faire société. Bonne rentrée à tous les élèves, professeurs, et parents !

Philippe CLANCHÉ et Émilie TÉVANÉ
redaction@nouvellecite.fr

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