École : même les couleurs se conjuguent au présent

Revue Nouvelle Cité n°578, mars-avril 2016 - Ecole : même les couleurs se conjugent au présent

Avec ses élèves de CP, Hubert André met quotidiennement en pratique à l’école la pédagogie des couleurs de l’arc-en-ciel de Chiara Lubich. Il en expérimente la richesse et la dimension universelle.

Je suis professeur des écoles en CP dans un établissement de l’enseignement public de Lyon et j’utilise le système des couleurs à travers les services qui font la vie de la classe. chaque service correspond à une couleur de l’arc-en-ciel et un élève en est responsable pendant une semaine. Le rouge, par exemple, correspond à la mise en commun des biens matériels et spirituels. mais comme nous ne manipulons pas d’argent en classe, j’adapte ce thème à une autre réalité et un élève « rouge » s’occupe des économies d’énergie. cela peut aussi se vivre à travers la pratique du dé de la fraternité. chiara Lubich avait proposé un dé de l’amour avec des phrases d’évangile sur les six faces. Avec une association qui s’appelle fratern’aide (1), nous avons imaginé un dé de la fraternité avec des maximes universelles comme « ne fais pas à l’autre ce que tu ne veux pas que l’on te fasse ». deux fois par semaine en classe, les élèves lancent le dé et mettent en pratique individuellement la maxime qui est sortie. c’est aussi une façon de vivre la couleur rouge.
La vie d’intériorité et de prière associée au jaune ne peut pas être proposée telle quelle dans l’enseignement public. Alors j’ai trouvé d’autres façons de la vivre à l’école. chaque fois que nous remontons en classe, nous prenons une minute de silence pour marquer une coupure avec le bruit et l’agitation de la récréation ou de la cantine. un élève « jaune » surveille le temps et frappe dans les mains quand la minute est écoulée. Pour le violet qui est la communication, j’ai deux élèves qui sont en quelque sorte les « facteurs ». pour le vert qui renvoie à la propreté, un élève est chargé d’essuyer le tableau, de dire à ses camarades de ramasser leurs papiers et de me faire penser à aérer la classe. J’ai aussi trois élèves « bleus » qui distribuent les papiers ou ramassent les cahiers. Je les appelle « les anti-foutoir » car ils contribuent à l’harmonie et au calme de la classe.
En mettant ces couleurs en pratique, je couvre l’ensemble de la vie relationnelle de la classe et de l’école et pour moi, il est évident que cet outil facilite la vie ensemble. conjuguer les sept couleurs et les services nous fait un bien fou ! Quand j’explique ce système aux parents de l’école en début d’année – encore une fois sans aucune référence à la foi chrétienne – je les sens très attentifs et je vois qu’ils adhèrent. un papa juif pratiquant m’a dit avoir conservé tous les papiers que j’avais transmis aux parents où les expériences de classe étaient restituées en fin de période. c’est un outil précieux, qui s’appuie sur des valeurs universelles, qui peut être utilisé par tous et en toutes circonstances.

Propos recueillis par Véronique ALZIEU
(1) www.fraternaide.fr

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