Vérité et justice

Vérité et justice. Quand vous lirez ces lignes, nous vivrons sans doute encore au rythme des horreurs de la guerre livrée en Ukraine par la Russie, et des soubresauts d’une épidémie qui ne nous laissera pas en paix. Pas de quoi se réjouir alors que les beaux jours arrivent. En cherchant bien, au fond de la tragédie humaine, une petite lueur est apparue au Tribunal de Paris où sont jugés, depuis le 8 septembre 2021, les responsables des attentats du 13 novembre 2015. Après des semaines de silence et de provocations, attitudes insupportables aux victimes, Salah Abdeslam, seul membre du commando encore vivant, a dit, en pleurant : « Je sais que la haine subsiste. Je vous demande aujourd’hui de me détester avec modération. Je vous demande de me pardonner. » Désormais, celui qui a loué la voiture utilisée par les assaillants du Bataclan, et déposé trois kamikazes devant le Stade de France, ne regrette plus d’avoir renoncé à son projet mortifère de se faire exploser dans un bar. « Je sais que ça ne va pas vous guérir, mais si ça peut vous faire du bien, si j’ai pu faire du bien à une seule des victimes, alors pour moi c’est une victoire. » Bien sûr, ces propos ont été un peu forcés par son avocate. Mais ce geste d’humanité et ce chemin parcouru par un homme qui s’est longtemps présenté comme un combattant de l’islam laisse apparaître un rayon de soleil.

La question du pardon est au cœur du message de Margaret Karram, présidente des Focolari, à l’heure de la publication du rapport sur les abus sexuels commis par JMM au sein du Mouvement en France (voir p. 10 à 13). Après son pardon collectif, offert pour des décennies de cécité globale, viendra peut-être le temps des pardons individuels pour les manques d’attention des uns et des autres.

Le partenariat entre la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR) et les Focolari (voir p. 12) va permettre de proposer un chemin d’apaisement ajusté à ceux qui ont été blessés. Elle utilise l’approche de la justice « réparatrice » ou « restaurative » qui permet une médiation lorsque les faits sont prescrits par le droit commun. « Il nous incombe, explique Antoine Garapon, président de la CRR, d’essayer de réparer des vies dévastées, mais aussi d’aider à réparer des instituts religieux qui ne se sont pas montrés à la hauteur et qui doivent faire tout un travail pour comprendre comment cela a pu se passer. »

La famille des Focolari commence à faire la vérité sur son passé, étape indispensable. Aidée par des spécialistes extérieurs au Mouvement, elle veut avancer aujourd’hui en pensant aux victimes et à l’avenir.

Philippe CLANCHÉ et Émilie TEVANE

redaction@nouvellecite.fr

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