Un travail qui ne gaspille pas son humanité

Un travail qui ne gaspille pas son humanité

Un travail qui ne gaspille pas son humanité. SABINE ET LUC SE SONT ENGAGÉS DANS LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE IL Y A PLUSIEURS ANNÉES, par étapes, en mettant en place des énergies renouvelables pour leur maison, en limitant l’impact de leurs déplacements, en privilégiant une alimentation saine et naturelle ; ils y ont embarqué leurs cinq enfants. Sabine est allée jusqu’à revisiter sa trajectoire professionnelle.

Le choix pour un mode de vie écologique prend racine dans l’expérience familiale de Sabine. « Nous avions une vie assez équilibrée et proche de la nature même si nous habitions en ville. On marchait et on jardinait beaucoup à la campagne pendant les vacances. Pour moi, le côté accueillant et chaleureux d’un comportement va de pair avec les actes d’engagement écologique. »

Cet aspect est venu à manquer considérablement à Sabine dans son précédent travail au sein d’un laboratoire en bactériologie. Elle raconte une irréversible dégradation. « J’aimais bien ce poste mais les conditions de sa réalisation se sont dégradées petit à petit, à cause du nombre croissant de procédures à respecter avec de fortes contraintes de temps et d’un climat compétitif avec mes propres collègues. Cette perte de responsabilité et de possibilité d’implication personnelle ne me
convenait plus. Mes collègues appréciaient mes qualités humaines mais dans ce contexte, ça ne marchait pas ! Je ne supportais plus de voir gaspiller ce “gisement à rendre service”. Je me sentais sans avenir », témoigne Sabine.

En parallèle, elle s’intéresse aux soins naturels. Elle profite de ses congés parentaux pour découvrir ce domaine, commencer à apprendre à soigner ses enfants le plus naturellement possible puis trouver des réponses aux petits maux que ses collègues lui révélaient. Formée en réflexologie, conseil en produits naturels et énergétique chinoise, Sabine a fait le saut vers le statut de travailleur indépendant auprès des personnes en situation de fragilité (vieillesse, maladie, handicap, pauvreté, aidants familiaux…). En collaboration avec des partenaires, elle a récemment décroché un appel d’offres qui lui a permis de faire 182 séances gratuites. « Je ne regrette pas ce changement. Je trouve un vrai plaisir dans les relations humaines, la réciprocité, surtout auprès d’un public âgé qui m’apporte une grande richesse, le sentiment de grandir en sagesse. Je me sens utile. Prendre soin des personnes fait partie d’une démarche écologique authentique. »

Luc assure que, par ce changement, sa femme s’est révélée. « C’est une chance qui lui a permis d’être davantage elle-même. Si elle était restée dans cette entreprise, elle aurait dépéri. » D’ailleurs, il soutient son projet d’entreprise, même concrètement, parfois, en l’aidant dans l’organisation et la gestion. Les enfants non plus ne sont pas pour rien dans cette évolution. « Ils m’ont poussée à changer car ils ne voulaient pas que je me sacrifie. L’avoir fait les poussera peut-être plus facilement à faire des choix radicaux quand cela deviendra nécessaire pour eux-mêmes. »

Il est intéressant de savoir que les cinq enfants du couple sont tous engagés dans des métiers orientés vers le développement durable (consommation énergétique des bâtiments, génie climatique, soins infirmiers et réflexologie, agronomie, relations internationales). Les plus grands ont visité, il y a vingt ans, le centre écologique Terre vivante à Mens (à une heure de Grenoble) : ce fut un déclic collectif.

Émilie TEVANE

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