Savoir et résister : l’exemple d’une lanceuse d’alertes

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« La corruption ne se combat pas par le silence. » Cette phrase du pape François est comme une devise pour Ida de Chavagnac, une des très rares professionnelles à oser s’attaquer aux dérives du système bancaire français. Et à accepter d’en payer le prix : exemple d’une lanceuse d’alertes.

Analyste pendant 18 ans au Crédit agricole, où son travail était apprécié, elle avait la mission importante d’éviter à sa banque et à ses clients les aléas de jeux financiers dangereux, qui, au fil des années, se révéleront de plus en plus tentants pour des spéculateurs sans scrupule. Or, à partir de 2010, un nouveau directeur – appelons-le Norbert – ne tient plus aucun compte des avis de sa collaboratrice, ignore ses notes garde-fous, et même falsifie ses rapports, faisant imprudemment courir des risques à sa société. Ceci au mépris de toute déontologie. C’est tout le système des crédits que Ida voit peu à peu dévoyé ; elle essaie alors de faire entendre ses mises en garde à l’échelon supérieur mais se heurte à l’esprit de corps des dirigeants, qui cautionnent ou laissent faire Norbert. Il semble que la morale et le bon sens n’ont plus leur place dans une entreprise qui revendiquait ces valeurs.

Licenciée pour faute

Ida a beau expliquer qu’elle défend simplement les règles bancaires et la vérité des dossiers qu’elle instruit, Norbert la persécute impunément. Il ira jusqu’à une tentative de corruption pour faire taire la lanceuse d’alerte. Totalement désintéressée, Ida se refuse à toute transaction financière et subit un licenciement pour faute, elle qui n’avait pour but que de protéger la réputation d’honnêteté de sa banque et ceux qui lui confient des fonds.
Aujourd’hui, le tribunal des prud’hommes va statuer sur le licenciement tandis qu’au pénal c’est Norbert qui est poursuivi personnellement. Au nom de la justice.
Entre-temps, Ida de Chavagnac, bien sûr « barrée » dans toutes les entreprises du secteur, a alerté la presse et écrit le livre Alerte rouge sur la banque verte 1 sans aucune intention de se plaindre ou de se venger mais pour rendre compte de situations objectives. Et surtout inciter chacun, là où il se trouve, à être vigilant et à ne pas laisser passivement sombrer l’éthique professionnelle et triompher les cyniques qui ne pensent qu’à leur intérêt. « Je veux encourager les gens à faire preuve de discernement et à résister », dit-elle avec la détermination de ceux qui ont dans leur conscience un solide garant.
Un autre soutien empêche cette femme sereine de tomber dans l’amertume ou le ressentiment : une foi chrétienne profonde, partagée avec son mari. Une foi qui, dit-elle, lui donne « un regard de miséricorde » sur ceux qui la trahissent ou la déçoivent. Ainsi, elle a évité dans son livre d’inscrire certains noms propres, par égard pour les familles des coupables. Et lorsque des journalistes cèdent à des pressions et censurent leurs articles sur son affaire, elle dit « les comprendre en espérant que plus tard peut-être ils changeront ».
C’est aussi par une conclusion résolument optimiste qu’elle termine son éclairant ouvrage, en faisant appel « aux personnes loyales et cohérentes » qui ne manquent pas dans notre monde : c’est grâce à elles que le bien commun, une valeur sûre, finira, affirme-t-elle, par triompher !

France de LAGARDE

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Un commentaire sur “Savoir et résister : l’exemple d’une lanceuse d’alertes

  1. Walter kostner says:

    Bellissima testimonianza che incoraggerà ciascuno di noi che a non tacere davanti alla corruzione non solo in senso stretto ma anche alla corruzione del lasciare andare le cose come vanno pensando che ‘tanto non si può fare niente.Grazie di cuore a Ida.

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