La saga des foco (Saison 1, épisode 1) – Une jeune fille nommée Chiara

Une jeune fille nommée Chiara

Entrons dans la passionnante histoire d’une jeune fille nommée Chiara LUBICH, et rencontrons ses premières compagnes et ses premiers compagnons, ainsi que tous ces hommes, femmes  et enfants de tous pays, cultures, religions, conditions qui ont suivi l’Idéal des Focolari, et cru à l’amour de Dieu.

LJUBIČ était un nom assez courant dans cette région de Slovénie où la famille trouve ses origines, au sud de l’Empire austro-hongrois de l’époque. On dit que même que le nom de la capitale, Lubiana, aurait la même racine Entrons dans la passionnante histoire de Chiara LUBICH, et rencontrons ses premières compagnes et ses  premiers compagnons, ainsi que tous ces hommes, femmes et enfants de tous pays, cultures, religions, conditions qui ont suivi l’Idéal des Focolari, et cru à l’amour de Dieu. signifiant « amour ». Le grand-père paternel et le père de Chiara Lubich portaient le même prénom, Luigi, et un amusant hasard voulut que sa maman s’appelât… Luigia. Issue d’une famille très catholique, cette femme vive et d’une brillante intelligence était la veuve d’un premier mari, mort peu de temps après leur mariage. On la surnommait « l’épouse vierge ». Son père, Luigi, socialiste convaincu, avait connu Luigia dans l’imprimerie de Cesare Battisti , fondateur du journal socialiste Il Popolo. Luigia allait à la messe tous les matins, parfois dès 4 h, et laissait volontiers traîner son missel bien en vue sur la machine de composition. Cesare Battisti ne lui fit jamais aucune observation car il appréciait son travail et respectait ses opinions. Luigi et Luigia se marièrent le 15 août 1916.

Lorsque le père de Chiara partit à la  guerre, Luigia resta seule dans sa ville de Trente, échappant à l’exode qui avait lieu alors vers la Bohême et la Moravie. Luigi fut blessé en Galicie, qui faisait alors partie de la Pologne, et fit pendant un mois la navette entre plusieurs hôpitaux. En 1918, peu après que l’Italie fut devenue italienne, Luigi obtint une permission de quelques jours pour venir voir son fils nouveau né, Gino. Il regagna rapidement un hôpital militaire où il resta jusqu’à l’armistice. Après la guerre, l’imprimerie ayant été fermée, les parents de Chiara ne reprirent pas le travail. Son père se lança alors dans le commerce du vin avec son frère Silvio, reprenant l’entreprise transmise à la mort du grand-père. Ils exportèrent leur vin jusqu’en Autriche et en Allemagne.

Attirée par les choses de Dieu

Silvia (c’est le nom de baptême de Chiara) naquit à Trente le 22 janvier 1920, au 41 via della Prepositura. Elle fut baptisée le 1er février 1920 en l’église de Sainte-Marie Majeure qui faisait face à la maison. Deux autres filles virent encore le jour : Liliana et Carla. Tous les vendredis, une religieuse de la congrégation des sœurs de Maria Bambina, sœur Carolina Maria CAPELLA, emmenait Silvia devant le Saint-Sacrement : « J’avais sept ans, raconte-t-elle, et j’aimais beaucoup tout ce qui concernait la religion. J’étais comme attirée par les choses de Dieu. […] De trois heures à quatre heures, le Saint- Sacrement était exposé dans l’ostensoir, et moi je restais à genoux en adoration pendant une heure entière. Je sentais que Jésus me poussait à Lui demander quelque chose : je Le regardais fixement dans l’hostie et je Lui disais : “Écoute, Jésus, Tu as créé le soleil. Il éclaire et réchauffe ; moi, je Te regarde fixement, mets en mon âme, à travers mes yeux, la lumière spirituelle et la chaleur spirituelle” ; je le Lui disais à chaque fois. Et je Le regardais  fixement, Jésus, dans l’espoir qu’Il m’éclaire. J’attendais qu’Il réchauffe mon cœur d’amour. Une fois, à force de Le regarder, je me suis même évanouie et on a dû m’évacuer hors de l’église. En fait, c’était Jésus qui me suggérait cette question, car c’était Lui qui voulait m’instruire. Alors, Il a commencé à me faire comprendre beaucoup de choses. C’est sœur Carolina qui, la première, m’a appris à aimer la Vierge Marie et m’a préparée à faire l’Œuvre de Marie ».

Fille d’un résistant au fascisme

Jusqu’en 1929, la famille Lubich connut une certaine aisance économique mais des temps plus difficiles allaient survenir. Après l’avènement du fascisme, le père de Silvia manifesta en effet clairement son opposition au régime de Mussolini et cela lui valut bien des problèmes. Avec la crise de 1929, l’entreprise familiale fit faillite. Comme il refusait toujours d’adhérer au parti fasciste, les portes se fermèrent les unes après les autres et le père de Silvia connut alors une longue période de chômage. De nombreux petits emplois précaires se succédèrent mais sans jamais aucune possibilité de promotion. Cette situation ne fit que renforcer l’admiration que Silvia eut toujours pour son père et qu’elle lui porta jusqu’à la fin de sa vie.

La famille connut alors une vraie période de pauvreté ; on ne mangeait pas à tous les repas. Gino, le frère de Silvia, raconta que certains jours ses sœurs et lui étaient trop faibles et restaient couchés au lieu d’aller à l’école toute proche. Ils disaient parfois à leur père : « Papa, prends donc ta carte au parti, tout le monde le fait. Il n’y a que comme ça qu’on pourra manger à notre faim ! » Mais, ne pouvant trahir ses convictions profondes, celui-ci s’y opposa toujours.

À la maison, malgré les idées socialistes du père, régnait une certaine atmosphère religieuse.

On récitait le chapelet et les litanies. Gino s’inquiétait de l’apparente indifférence de son père face à la religion et de la distance qu’il maintenait par rapport à tout ce qui touchait la vie de l’Église. Un jour, avec sa sœur, ils réussirent pourtant à le convaincre de les accompagner à la confession, lui qui n’allait jamais à la messe. Il en ressortit très ému, les yeux humides, et prit dès lors l’habitude de se confesser et d’aller régulièrement à la messe.

Peu avant 1930, les LUBICH déménagèrent pour aller habiter un appartement  loué place Garzetti où ils restèrent quelques années. Tout près se trouvaient les Androne (les corridors), un des quartiers les plus misérables de Trente, où les personnes indigentes venaient manger à la soupe populaire et que traversaient Gino et Silvia lorsqu’ils se rendaient à pied à l’école. À cette époque, Silvia allait  connaître un épisode particulièrement marquant qui sera raconté dans le prochain Nouvelle Cité.

Dominique FILY

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