« Jamais je n’ai vu autant de solidarité entre soignants »

Jamais je n'ai vu autant de solidarité entre soigants

« Jamais je n’ai vu autant de solidarité entre soignants » Le vendredi 29 janvier, quand je suis arrivée au centre de vaccination Covid du CHU de Nice, je m’attendais à voir une ruche en ébullition. Je ressentais un peu d’appréhension à l’idée de gêner leur travail avec mes questions. Mais il y avait très peu de monde ! Au point de devoir « fermer le centre lundi et mardi prochains, explique Pierre Marty, médecin parasitologue, car nous n’avons plus de doses, il y a un problème d’approvisionnement ». Étant quasiment en pré-retraite, ses collègues l’ont proposé pour coordonner bénévolement le centre de vaccination Covid à l’hôpital de l’Archet à Nice. Le professeur parle « d’une armée équipée et motivée mais sans munitions ». « Ici, nous avons

En trois jours, nous avons obtenu tout le personnel nécessaire.

la possibilité de vacciner jusqu’à 150 patients par jour, dit-il fièrement. Lorsque nous avons fait appel au bénévolat auprès du personnel médical du CHU, la réponse a été massive. » Il a fallu aussi procéder au recrutement de personnel administratif, infirmier, d’entretien. Après quarante-cinq ans passés dans l’institution (et deux au Cameroun), le médecin sait « combien il est difficile d’obtenir du personnel en temps normal. Mais, grâce au mot magique “Covid”, je fais l’expérience réjouissante de l’absence totale d’obstacle. En trois jours, nous avons obtenu tout le personnel nécessaire. Je n’ai jamais vu cela de toute ma carrière ! », s’exclame-t-il.

Quelques personnes viennent se renseigner. L’une pour sa mère âgée, l’autre pour un cousin avec des facteurs de risque. Ils n’arrivent pas à trouver de rendez-vous. À tous, Pierre explique le problème et la stratégie : « Nous programmons en priorité ceux qui doivent recevoir la deuxième dose du vaccin pour une meilleure efficacité. Pour les nouvelles primo-vaccinations, ce sera vers la mi-mars. »

Pour Pierre, volontaire du mouvement des Focolari depuis de nombreuses années, « l’important se situe dans les relations humaines. Les gens sont décidés. Ils ne sont pas là pour l’appât du gain. Le poids de la hiérarchie n’est plus pesant dans l’équipe du centre de vaccination. C’est un travail d’équipe où nous sommes tous à pied d’égalité, au service des autres. Si besoin, je prends les rendez-vous ou je vaccine. Les difficultés sont affrontées ensemble, unis. Jamais je n’ai vu autant de solidarité entre soignants depuis le début de la crise sanitaire ».

Enfin, Pierre nous interpelle sur une autre solidarité, celle avec les pays pauvres « où les habitants prennent cette épidémie très au sérieux même s’ils ne peuvent pas toujours se procurer assez de masques ou se payer les tests de dépistage. Ils n’angoissent pas comme nous, dit-il après son séjour au Burkina Faso à l’automne 2020. Si les pays pauvres voulaient commander des vaccins, ils ne pourraient même pas car les pays riches ont tout pris », pour le moment.

Lors du G7, le 19 février dernier, Emmanuel Macron a proposé que l’Europe et les États-Unis livrent « le plus vite possible » 13 millions de vaccins contre la Covid-19 à l’Afrique pour que le continent puisse vacciner ses 6,5 millions de soignants.

Émilie TEVANE

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