Tout est possible à celui qui croit ! Interview de Bernard Ardura, auteur de « Prier 15 jours avec Jean-Baptise Fouque »

Bernard Ardura, postulateur pour la cause de béatification de l’abbé Jean-Baptiste Fouque, revient sur son choix d’écrire un livre sur le fondateur du plus grand hôpital privé de France.

Nouvelle Cité. Pourquoi avoir choisi de parler de l’abbé Jean-Baptiste Fouque ? Comment l’avez-vous connu ?

Bernard Ardura. C’est le cardinal Panafieu, archevêque de Marseille (1995-2006), qui me l’a fait connaître. Souhaitant reprendre la cause de béatification de celui que l’on appelle saint Vincent de Paul  de Marseille, il m’a demandé d’en être le postulateur.

Son procès de béatification avait commencé dès 1941 et la première session eut lieu en 1944. Dès les années 2000, j’ai donc eu accès à toutes les archives que l’archevêché de Marseille et les Œuvres  avaient conservées, à savoir tous les écrits de l’abbé Fouque. Car bien qu’il n’ait rien publié, il était très actif, laissant à sa mort en 1926, à l’âge de 75 ans, près de 10000 pages de documents. Travaillant pour sa béatification — dont d’ailleurs la Congrégation pour la cause des saints devra se prononcer le 3 mars prochain sur ses vertus après avoir examiné sa vie, ses œuvres, sa renommée de sainteté, puis une guérison de 1929 qui lui est attribuée —, il m’a paru judicieux de réaliser ce livre qui présente plusieurs de ses textes.

N.C. Quelle a été votre intention?

B.A. Je l’ai fait pour deux raisons majeures. D’une part, c’est un des moyens que nous avons pour diffuser et faire connaître cette grande personnalité participant ainsi à la renommée de sa sainteté. D’autre part, ce que nous dit l’abbé Fouque dans ses écrits peut vraiment être utile pour notre vie de chrétiens d’aujourd’hui. Même si la langue a évolué, ce qu’il nous dit est un témoignage de foi extraordinaire.

N.C. Quel message souhaitez-vous transmettre dans cet ouvrage ?

B.A. Je l’emprunte à l’abbé Fouque : « La foi chrétienne ne peut porter du fruit que si elle est vraiment vécue. Celui qui croit, qui est disciple du Christ, ne peut pas ne pas agir.» Toutes les œuvres qu’il a créées ne sont pas le fait d’un homme préoccupé par une action humanitaire. Non, il l’a fait parce qu’il était prêtre et, comme un bon pasteur à l’image du Christ, il a voulu faire le bien. Il a souhaité être en quelque sorte un représentant de l’amour du Christ. C’est pour cette raison qu’il s’est intéressé aux plus fragiles, aux plus petits, aux plus faibles d’entre nous : aux domestiques dans les familles bourgeoises, aux ouvrières et employées, aux orphelins et aux enfants abandonnés, aux jeunes handicapés, aux jeunes apprentis, aux personnes âgées que les familles ne pouvaient plus garder avec elles, aux malades. Il est l’un des premiers à vouloir accueillir dans une structure spécifique les adolescents condamnés par la justice pour les protéger des adultes en prison. Ses œuvres, qui existent toujours, touchent aujourd’hui des milliers de personnes. Il a également vécu une familiarité extraordinaire avec Dieu. Nous avons le sentiment en lisant ce qu’il a écrit, en observant ce qu’il a fait qu’il vivait continuellement en présence et en dialogue d’amour avec lui. Il avait une confiance absolument extraordinaire. De sorte que lorsque les difficultés s’accumulaient, il s’adressait à lui et lui disait : « Mon Dieu, soyez raisonnable. » Son message est un appel aux chrétiens de vivre vraiment en communion avec Dieu. Sa devise : « Tout est possible à celui qui croit ! » Il est toujours d’actualité. Vous voyez, les saints ne vieillissent pas, l’Évangile ne prend pas une ride. Son message est toujours nouveau, donc toujours actuel.

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