Interview d’Adrien Bail pour son livre « Homosexuels et transgenres, … »

Adrien Bail

Pour son premier ouvrage, Adrien Bail a choisi de parler des chrétiens homosexuels, il nous explique son choix.

Nouvelle Cité. Vous êtes journaliste de profession, Homosexuels et transgenres, chercheurs de Dieu est votre premier ouvrage, pourquoi avoir choisi d’écrire un livre? Est-ce un souhait que vous aviez depuis longtemps ?

Adrien Bail. J’ai toujours rêvé d’écrire un livre. C’était pour moi un objet impressionnant que j’avais mis sur un piédestal.  Je le voyais comme une sorte de consécration. J’ai aimé et j’aime ce formats long qui permet de prendre le temps de creuser un sujet. D’ailleurs dans mon métier de journaliste, j’ai tendance à préférer le magazine au journal d’actualité. Je préfère révéler, parler d’un sujet encore peu connu que d’être à la recherche de scoops dont tout le monde parle. J’aime découvrir des thèmes encore inexplorés où j’ai l’impression d’apporter quelque chose de nouveau. Je me disais que le livre était le formats idéal pour le faire, pour être au plus juste non seulement dans le contenu exposé mais aussi avec les personnes que l’on a rencontrées pour l’écrire. J’ai apprécié cette expérience, les échanges que j’ai eus pour réaliser ces portraits, le temps que j’ai consacré avec chaque personne. Une fois l’exercice terminé, on en éprouve une certaine satisfaction. La satisfaction d’avoir créé un objet qui fait sens et qui est plus marquant dans le temps contrairement aux articles ; d’avoir œuvré ; d’avoir fait quelque chose.  

Paradoxalement, les débuts n’ont pas été faciles. J’avais des difficultés à m’y mettre vraiment. Mais une fois que la machine s’est lancée et que j’ai commencé à réaliser les entretiens, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire.

N.C. C’est assez courageux de traiter ce sujet pour un premier livre, pourquoi l’avoir choisi ?

A.B. Si ce n’est pas le premier sujet auquel j’avais pensé, il ne m’était pas pour autant étranger. Tout est parti d’un message que j’ai reçu d’une reporter avec qui j’avais travaillé et qui elle-même s’était intéressée au sujet de l’homosexualité et de la foi. Le fondateur de la Communion Béthanie l’avait contactée car il souhaitait témoigner du travail qu’effectuait la communauté depuis 10 ans. Ne pouvant le faire, elle m’a transmis sa demande ayant en tête que je m’étais moi-même penché sur cette question lorsque nous partagions la même rédaction. À l’époque, je m’étais intéressé au rapport du synode diocésain de Nice dont les conclusions m’avaient interpellé puisqu’il prévoyait de nommer un prêtre pour mettre en place l’accompagnement spirituel des chrétiens homosexuels. Une décision encore rare et audacieuse. Dans le cadre de cet article, j’avais rencontré ce prêtre fraîchement nommé mais aussi d’autres personnes engagées dans la reconnaissance de ce public au sein de l’Église. C’était un sujet nouveau pour moi. Personnellement je n’avais jamais rencontré de chrétiens homosexuels. Mais ces rencontres m’ont fait m’intéresser à eux.

J’ai donc accepté la proposition de mon ancienne collègue et j’ai rencontré Jean-Michel Dunand, le fondateur de la Communion Béthanie. Il m’a paru alors intéressant de réaliser un ouvrage sous forme de portraits. Un choix délibéré pour aller à la rencontre de ces personnes et d’être à leur écoute avec en toile de fond cette communauté originale portée sur la prière et sur la vie spirituelle. C’est ce qui me paraissait le plus interpellant pour les gens et indispensable pour contrer les préjugés que l’on peut avoir sur le militantisme des personnes homosexuelles. Toutes ne sont pas militantes, certaines veulent vivre leur foi pour le Christ et dans l’Église.

N.C. Quelle a été votre intention en réalisant ces portraits ? Était-ce de mettre des visages, personnifier des mots ?

A.B. Oui c’est tout l’enjeu de ce livre. Il ne faut pas oublier que ce sont des personnes, des êtres humains dont la première blessure est d’être toujours renvoyés et limités à une catégorie que ce soit au sein de notre société ou de l’Église. Ils ont besoin d’être reconnus comme chrétiens, comme des hommes et des femmes, comme des baptisés. Mon livre n’a pas vocation de parler de l’homosexualité de manière générale ou de trancher si cela est juste ou non. Je n’ai pas non plus la prétention d’apporter des réponses mais juste de parler de ces hommes et de ces femmes sans les réduire à leur sexualité ou à leur génitalité mais bien de les replacer dans leur complexité de personnes humaines qui ont aussi une dimension spirituelle. 

2 Commentaires sur “Interview d’Adrien Bail pour son livre « Homosexuels et transgenres, … »

  1. Bernard GEOFFROY says:

    J’ai eu l’occasion de rencontrer personnellement Adrien BAIL alors qu’il préparait ce livre. Aussi, je tiens à le remercier d’avoir eu le courage de l’écrire, non pas pour parler de l’homosexualité en tant que telle, mais pour permettre aux personnes concernées, engagées par ailleurs dans leur foi et dans l’Eglise, de témoigner de leur vécu et de leur quête de Dieu. Merci, également, à Bénédicte DRAILLARD et à l’équipe de NC d’avoir accepté d’éditer ce livre dont j’espère qu’il connaîtra un grand succès.

  2. Bernard Edouard Baillaud says:

    Superbe ! Que ce travail permette au plus grand nombre possible de comprendre la démarche actuelle du pape François sur ce sujet. Beaucoup l’interprètent mal et l’accuse à tort de laxisme. Merci Adrien

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