« Faire famille » avec des victimes de violences conjugales

Faire famille avec des victimes de violences conjugales

« Faire famille avec des victimes de violences conjugales »Lorsqu’en 1971, nous nous sommes rencontrés à Taizé, une phrase nous a profondément marqués. « Quelle cohérence y a-t-il entre notre foi et notre vie ? »,  demandait un jeune frère salésien. En 2019, comme beaucoup, nous avons été frappés par la violence que subissaient de nombreuses femmes. Dans une émission sur RCF, la responsable du Centre d’information des droits des femmes et de la famille évoquait un Réseau  d’accueil citoyen, créé pour mettre à l’abri des femmes victimes de violences conjugales. En couple, la décision de répondre à cette proposition se fit naturellement.  Nous avions une grande maison, une chambre avec toutes les commodités et nous avions déjà vécu d’autres accueils. Nous en avons aussi parlé à nos cinq enfants  pour porter tous ensemble cette réalité. En décembre dernier est arrivée F. avec ses deux enfants. Puis, en février, nous avons accueilli N. Toutes deux étaient  marocaines, musulmanes et voilées. Là où certains invoqueraient le hasard, nous avons vu un clin d’œil de Dieu. Je suis né au Maroc. Il y a peu, l’un de nos fils, marié  civilement avec une jeune musulmane, nous annonçait qu’il se convertissait à l’islam ! Temps de révolte : Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné¹ ? » et celui du  passage : « Père, en tes mains je remets mon esprit². » Dans notre cœur est revenue la Paix après la tempête. Cette paix qui a rendu possible l’accueil de ces deux  femmes, nos sœurs, et de les rejoindre dans leurs blessures. La barrière est mince, mais souvent elle existe où dans l’accueil il y a d’un côté l’accueillant et de l’autre,  l’accueilli.

Nourris de la spiritualité que proposent les Focolari, nous avons choisi de « faire famille » avec chacun de ceux qui passent chez nous. Après le temps de  connaissance, d’apprivoisement où apparaissent nos différences comme un défi, mais surtout comme une richesse. Nous avons appris à partager avec elles notre  chemin avec Dieu. Ce Dieu Un et pourtant aux multiples visages. Les accompagner dans les démarches du quotidien (trouver un boucher hallal, les conduire chez le  médecin, prendre du temps pour qu’elles améliorent leur français…). Vivre avec elles les

Je me sentais en sécurité dans
ce lieu aimant et amical.

moments où la famille se retrouve (pour les fêtes ou simplement pour une randonnée dans le Vercors). Après ce temps de connaissance, vient celui de la  reconnaissance. Les visages se détendent (N. nous dit un jour : « Cela fait longtemps que je n’avais pas ri comme cela ! »), les coups de main sont plus nombreux.  Leur merci se traduit par des plats mijotés. Aujourd’hui, elles ont rejoint d’autres lieux, mais le lien demeure à travers des appels vidéo. N., dans un centre  d’hébergement en Ardèche, est revenue passer un week-end à la maison. Dans le livre d’or, elle a laissé ce mot : « Je  vous aime et vous considère comme mes parents. Je me sentais en sécurité dans ce lieu aimant et amical. Que notre connaissance dure toujours ! »

D’autres femmes viendront… Que notre cœur reste toujours ouvert pour découvrir dans leur vie blessée la présence du Christ et vivre avec elles cet esprit de famille.

Jocelyne et Philippe

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1) Matthieu 27, 46.

2) Luc 23, 46.

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