Enfin l’approbation

LA PARTIE MASCULINE DU MOUVEMENT DES FOCOLARI est approuvée la même année que l’ouverture du concile Vatican II. Ces années-là aussi, la spiritualité touche des cœurs aux États-Unis et en Argentine. Chiara perçoit le rôle des nouvelles générations et découvre « Marie désolée ».

Le 12 septembre 1961, la première école de formation des focolarini à Grottaferrata (près de Rome) est inaugurée. Chiara assure elle-même les leçons sur la spiritualité et sur l’histoire des débuts du mouvement des Focolari.

Le Mouvement arrive peu après aux États-Unis avec Silvana Veronesi et Gio Vernuccio qui y avaient déjà fait un voyage l’année précédente. Le 14 septembre 1961, Gio et Serenella Silvi s’installent à New York.

Le 6 octobre 1961, Lia et Marita partent pour l’Argentine, rejointes par Vittorio Sabione, avocat renommé, et Carlo Casabeltrane. Le cardinal de Buenos Aires, Mgr Antonio Caggiano, souhaite voir s’installer un focolare au sein de son diocèse. En 1962, l’Argentine organise déjà sa première Mariapolis au pied de la Cordillère des Andes à 1 800 m d’altitude, à Santa Maria de Catamarca où se retrouvent environ 500 personnes.

La période d’observation du Mouvement de la part du Vatican avait été longue. Le 23 mars 1962, sept mois avant l’ouverture du concile Vatican II, arrive enfin l’approbation tant attendue, signée par le pape Jean XXIII. Le mouvement des Focolari est reconnu sous le nom de « Pieuse association masculine Oeuvre de Marie ». Chiara Lubich écrit : « Dieu guidait l’Église dans sa lumière et la poussait à ne pas nous laisser dans l’abandon. Il avait été le fondateur, l’architecte de l’Oeuvre formidable sur le point de naître… Quand il la vit belle, achevée pour l’essentiel, vint l’heure de la naissance. » Cette approbation n’est accordée que pour trois ans et ne concerne donc que la partie masculine. La section féminine sera approuvée l’année suivante. Dans ces deux documents successifs, les focolarini mariés ne sont mentionnés que comme « associés » et les chrétiens des autres confessions sont appelés « sympathisants », ce qui représente déjà une
certaine évolution dans le vocabulaire de l’époque. Les focolarini mariés seront approuvés en 1963, au même titre que les focolarini vierges. Cette première approbation de 1962 marque évidemment des Focolari. Chiara commente cet événement : « Nous étions donc en vie et pouvions penser que le chemin de croix de l’OEuvre était terminé… Enfants de l’Église ! L’Église nous reconnaissait. Pourtant, tout n’était pas encore achevé : les statuts, qu’elle nous donnait à vivre, après avoir examiné nos propositions, ne coïncidaient pas totalement avec ce que Dieu avait édifié. » En réalité, une nouvelle expression de l’Église était en train de naître, un Mouvement qui était une seule chose tout en comportant de nombreuses branches distinctes, non seulement des hommes et des femmes, des vierges et des mariés mais aussi diverses autres vocations, pratiquement toutes les vocations imaginables pour les laïcs, les religieux, les prêtres. Le problème à résoudre était que le droit canonique ne prévoyait rien de ce genre.

Le 20 août 1962 à Oberiberg, en Suisse, près du sanctuaire d’Einsiedeln, Chiara marche sur un petit chemin avec ses compagnes. Admirant la voie lactée, elle s’exclame : « De nouvelles générations naîtront : la première, la deuxième, la troisième, la quatrième… » Et elle écrit ce texte magnifique sur Marie :

« J’ai une seule mère sur la terre : Marie désolée. Je n’ai pas d’autre mère qu’elle. Toute l’Église est en elle pour l’éternité et toute l’OEuvre dans l’unité. Dans son dessein se trouve le mien. Je passerai par le monde en la revivant. Chaque séparation sera mienne. Chaque détachement du bien que j’aie fait contribuera à édifier Marie. »

Le 11 octobre 1962 commence l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Église catholique durant ce xxe siècle : c’est l’ouverture du concile Vatican II voulu par Jean XIII. 2908 Pères conciliaires sont convoqués : tous les évêques, ainsi que de nombreux supérieurs d’ordres religieux masculins, ce qui en fait le plus grand rassemblement de toute l’histoire des conciles de
l’Église catholique.

À la fin de cette année 1962, le 14 décembre, Mgr Carlo de Ferrari s’éteint. C’est une perte aura tant aimé et soutenu le Mouvement.

Au début de l’année suivante, le 19 janvier 1963, à Prague, alors qu’il attend de pouvoir entrer en contact avec son ami évêque Jàn, trois agents arrêtent Cengia et l’emmènent au poste de police. Il est emprisonné et, durant quatre mois, soumis à des interrogatoires éprouvants. Lors de son procès où des membres de l’Église catholique clandestine sont également inculpés, il est condamné à quatre ans de prison, commués ensuite en décret d’expulsion hors du pays. Durant son procès et sa détention, Cengia reste fidèle à son choix chrétien et manifeste une charité héroïque envers ses geôliers.

Le problème à résoudre était que le droit canonique ne prévoyait rien de ce genre.

Il raconte : « Avant de partir, j’ai fait des cadeaux à mes geôliers : à l’un un briquet, à un autre des cigarettes. Au commandant qui m’avait interrogé, j’ai dit : “Je vous promets que je prierai pour vous”, une relation profonde est née entre nous. Et aux trois agents qui m’accompagnaient, j’ai dit : “Vous les communistes, vous faites beaucoup d’oeuvres sociales, mais il manque l’âme. Mais l’essentiel est que nous nous aimions en voyant la présence de Dieu l’un dans l’autre.” »

Les premières rumeurs sur la mauvaise santé du pape commencent à circuler dès novembre de l’année précédente. Atteint d’un cancer de l’estomac et de la prostate, Jean XXIII est victime d’une hémorragie, le 28 mai 1963.

À l’issue d’une longue agonie, le pape Jean XXIII meurt le 3 juin 1963, le lundi de Pentecôte. Ce Pape laisse une image d’humanité et de simplicité dans l’esprit de la plupart des gens,  catholiques ou non.

Le 21 juin 1963, l’archevêque de Milan, le cardinal Montini est élu pape et prend le nom de Paul VI.

Cette année-là, Chiara Lubich inaugure, à Rocca di Papa (Rome), le premier Centre Mariapolis pour la formation des membres du Mouvement.
Dominique FILY

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