Des formateurs bien formés

Des formateurs bien formés

DES FORMATEURS BIEN FORMES AU SERVICE DES JEUNES DU MONDE ENTIER. C’est le but du projet FormaT qui a tenu son premier laboratoire début juillet. Il a révélé des richesses incroyables parmi les membres des Focolari impliqués auprès des nouvelles générations et reconnus dans leur discipline. Mises en réseau, leur impact peut être considérable.

« Le projet FormaT répond d’abord à une exigence formulée par plusieurs formateurs des jeunes de 18 à 30 ans : se former et être accompagnés dans leur service de  formation », pose Gianluca Falconi, focolarino italien et professeur de philosophie. Il répond également aux attentes exprimées par les jeunes eux-mêmes lors de la  dernière Assemblée des jeunes des Focolari1 et plus largement, par ceux du monde entier et par l’Église lors du Synode des Jeunes2. « C’est un projet ample et  ambitieux », explique-t-il. Il est structuré sur six ans et articulé en quatre parties : la formation des formateurs, celle des jeunes, constituer des pôles de formation  permanents pour les formateurs dans le monde entier et réfléchir au monde des jeunes en collaboration avec d’autres lieux du monde laïc (comme les universités).
Le titre FormaT exprime trois objectifs : « Forma » pour formation, et « T » pour triniTaire, inTégrale et acTive. Le public visé inclut tous les jeunes, en particulier ceux engagés au sein de l’Église et pas uniquement les Gen (jeunes engagés dans le mouvement des Focolari). « C’est toute l’OEuvre qui se met au service des nouvelles  générations à l’extérieur et à l’intérieur du Mouvement », souligne Jérôme, un focolarino français qui a participé au laboratoire qui s’est tenu du 5 au 10 juillet sur une  plateforme collaborative en ligne. « Nous avons constitué un premier groupe de travail de 13 personnes aux compétences diverses et provenant de différentes parties  du monde, et travaillé d’arrache-pied afin de tout préparer en avance », précise Gianluca. À ce premier noyau, se sont ajoutés des représentants de régions géographiques3. Lors du premier laboratoire qui a rassemblé 90 personnes, trois grands sujets ont été approfondis autour de trois questions fondamentales : 1)  Comment utiliser de manière consciente les outils adaptés aux réalités, à la psychologie et à la culture des jeunes ? 2) Comment adapter les contenus de l’expérience spirituelle des Focolari pour la transmettre aux jeunes d’aujourd’hui ? 3) Comment aborder les sujets brûlants qui touchent à l’affectivité et à l’homosexualité ?

Il ne s’agit pas de donner des recettes toutes prêtes mais de développer une mentalité pédagogique de formateur.

Présent dans ce troisième groupe avec un prêtre slovaque et un psychologue, Gianluca s’est demandé « si certaines questions concernant l’affectivité n’étaient pas  plus un problème pour les formateurs que pour les jeunes. Aussi parce que les sujets qui préoccupent les jeunes des pays d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-  Orient concernent la politique, la justice sociale, la citoyenneté. Cela ne veut pas dire que ces sociétés n’ont pas de problèmes liés à l’affectivité et à la sexualité ! ».

Sur le thème de la méthodologie, Jérôme était plutôt sur la réserve… au départ. « Je nourrissais un peu de méfiance sur la question en général. Mais j’ai pris  conscience que la forme est aussi importante que le message en lui-même. Elle peut donner de la puissance au contenu ! Je me suis rendu compte aussi de la richesse  d’expérience et personnelle des intervenants, et de la compétence de personnes actives au sein des Focolari qui font référence dans leur domaine. Elles  ouvrent sur un panel de choses inconnues, de réflexions qui permettent de prendre du recul sur nos pratiques. » Gianluca a souligné le manque, parfois, de formation  des formateurs. « Du côté de la spiritualité, est ressorti le besoin d’exigence entre ce que l’on donne aux jeunes et ce que l’on vit soi-même », ajoute-t-il. Un autre besoin est apparu, celui de la formation humaine, « qui fait parfois cruellement défaut. “Je m’éduque pour éduquer” pourrait être le slogan de ce parcours. Il ne s’agit  pas de donner des recettes toutes prêtes ou d’attendre les réponses des experts mais de développer une mentalité pédagogique de formateur qui doit se renouveler  continuellement. C’est un processus de maturation dans lequel chacun est protagoniste », précise le philosophe. Une question centrale les animait : « Qu’est-ce que  l’Évangile nous dit aujourd’hui sur ces sujets ? »

« Nous avons tiré de grands bénéfices de la plateforme collaborative personnalisée où le matériel est mis à la disposition de tous et peut être testé, modifié. Même si la  spontanéité a été un peu malmenée, le bilan est très positif », rapporte Gianluca. Les impressions de Jérôme le confirment. « La mise en commun des idées aide à  renouveler les nôtres et à rafraîchir notre motivation. Ce laboratoire m’a donné envie d’innover plus, d’essayer de nouvelles méthodes, en particulier la dynamique de  groupe, très utilisée en Amérique du Nord. C’était intéressant de voir les approches différentes selon les pays. En Amérique du Sud, l’apprentissage se fait par  l’expérience sociale et le service learning, c’est-à-dire que l’on apprend en se mettant au service de la communauté, du village et de la résolution de ses problèmes  concrets. » Jérôme partage une idée venue en lumière. « Souvent, on se demande comment faire pour que les jeunes soient présents dans la vie de nos  communautés. Mais je crois que c’est une mauvaise question. La bonne serait plutôt : Comment notre communauté locale peut-elle accompagner des jeunes dans la  réalisation de leur projet ? Les aider à se réunir autour d’un projet en collaboration avec d’autres acteurs locaux pour mener une action collective inscrite dans la durée  ? »

Tout ce travail de réflexion va continuer avec l’organisation d’un autre laboratoire semblable à Noël et un autre au printemps 2021, en présentiel si possible. D’ici là, une  réunion mensuelle réunira les formateurs dès septembre « pour ne pas perdre la dynamique ». Un élan que l’on souhaite voir se fortifier et continuer à déployer  cette énergie éclairée au service de la jeunesse.
Émilie TÉVANÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *