Congrès des volontaires : vers une durabilité relationnelle

PRÈS DE 250 VOLONTAIRES DE TOUTE LA FRANCE se sont réunis pour leur congrès à Valpré, dans la région lyonnaise, du 22 au 25 octobre 2021, autour du thème : « Un seul cœur et une seule âme, ensemble, écouter les défis de notre temps ». Moment à la fois joyeux et douloureux, il a renforcé les liens et donné un nouvel élan. Un des défis abordés concernait l’état de la planète et la réponse au cri de la terre et au cri des pauvres, tous deux indissociables. Nous reprenons ici des moments-clés de l’intervention de Luca Fiorani.

En préambule, précisons que l’un des objectifs de ce congrès énoncé par les volontaires était « de [se] réunir, après l’épreuve du Covid, après le choc des révélations de pédocriminalité dans l’Église et dans le Mouvement, faire famille, et reprendre des forces spirituelles, nous remettre devant notre charisme, sa beauté, son exigence, reprendre confiance en notre capacité à agir ensemble, au cœur de notre monde ».

Cette capacité à agir de manière collective est au cœur des enjeux de la protection de l’environnement, axe prioritaire identifié dans le document final de l’Assemblée Générale des Focolari. « Nous croyons que, pour actualiser aujourd’hui le charisme de l’unité, nous devons nous laisser interpeller par la réalité et l’aimer. À cette fin, nous nous proposons de nous immerger dans le charisme et dans sa lumière en écoutant Dieu qui nous parle à travers le cri de l’humanité, le cri de la planète et le cri des nouvelles générations. »

Après avoir fait un état des lieux de la planète, le physicien Luca Fiorani propose un nouveau paradigme pour affronter ce problème. Dans sa présentation, il souligne les contradictions des décisions politiques : « Alors que les gouvernements du monde entier, engagés dans le redémarrage post-Covid, tout en se gargarisant d’expressions telles que “transition écologique”, insistent sur la poursuite de la croissance économique quels qu’en soient les coûts – environnementaux et sociaux –, le développement d’une nouvelle synthèse qui dépasse les fausses dialectiques des derniers siècles reste en suspens. » Pour le chercheur, le développement durable ne peut pas représenter cette nouvelle synthèse car le mot « développement » est usé et synonyme de « croissance ». Il insiste sur le fait que « tout est lié » au niveau environnemental, social et économique et développe alors une idée intéressante : « Si nous sommes capables d’établir des relations constructives – aussi bien entre l’humanité et le cosmos qu’entre les groupes humains – orientées vers le bien commun des personnes et de la nature, la durabilité se développera comme une propriété émergente que je qualifierais de “relationnelle” ».

Une nouvelle approche intellectuelle

Dans ce nouveau paradigme, Luca Fiorani met l’accent sur la relation constructive pour atteindre l’objectif de durabilité dans toutes ses dimensions, sans tenir compte du fait que cela implique ou non une croissance du PIB (Produit intérieur brut). Il invite les participants au congrès à imaginer la conception d’une pièce de monnaie avec une face pour l’écologie intégrale et une autre pour la durabilité relationnelle : la valeur de la pièce serait alors constituée par l’activité humaine qui, à partir de la vision (l’écologie intégrale), permettrait de remplir la mission (la durabilité relationnelle).

« La poursuite de la durabilité relationnelle requiert la contribution des activités les plus nobles, par exemple, l’architecture, l’art, la communication, le droit, l’écologie, l’économie, la médecine, la pédagogie, les sciences politiques, la psychologie, la sociologie, le sport, etc. Tous nos efforts de dialogue avec la culture contemporaine doivent être orientés vers cette durabilité qui se concrétise dans des relations constructives. […] Un point important est que la durabilité relationnelle ne vise pas à se substituer ou à s’opposer à d’autres approches, comme l’économie du donut, l’économie circulaire ou la décroissance heureuse, mais plutôt à accueillir et à harmoniser leurs contributions, pour autant qu’elles conduisent à une durabilité intégrale et authentique de la nature et de l’humanité, en lien l’une avec l’autre. C’est pourquoi elle accueille et soutient tous les réseaux d’acteurs institutionnels et non institutionnels qui poursuivent le même but. Visant cette ouverture, la durabilité relationnelle a pour objet la totalité de la réalité, dans toute sa complexité, et pour méthode la transdisciplinarité qui, en incluant et en dépassant la multidisciplinarité et l’interdisciplinarité, constitue une nouvelle approche intellectuelle pour comprendre les systèmes complexes. »

Dans cette approche, la contribution des Focolari est précieuse, en particulier dans cette attention à la relation fraternelle. Les témoignages de volontaires engagés sur le terrain et localement sont des exemples de ces changements à l’œuvre. Au-delà des concepts et des enjeux autour de ces questions, les petits gestes du quotidien gardent leur importance. Le scientifique Luca Fiorani, également focolarino, souligne un dernier aspect à ne pas perdre de vue pour engager tout changement : l’humilité. « Les actions que peuvent mener partout les membres du Mouvement dans ce domaine ne sont qu’une tesselle de la mosaïque. » Un morceau nécessaire au tout, et irremplaçable.

Émilie TEVANE

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