Athénagoras et Chiara, une amitié féconde

Athénagoras et Chiara

Athénagoras et Chiara, une amitié féconde. LA GRANDE AMITIÉ ET PROXIMITÉ SPIRITUELLE de la fondatrice des Focolari avec le patriarche orthodoxe de Constantinople Athénagoras Ier a profondément marqué l’engagement œcuménique de l’OEuvre mais aussi du pontificat de Paul VI.

En 1967, à Genève, Chiara Lubich rencontre plusieurs dirigeants du Conseil œcuménique des Églises : le pasteur réformé Willem Visser’t Hooft, secrétaire général, le pasteur méthodiste Philip Potter, le théologien réformé Lukas Vischer et l’archiprêtre russe orthodoxe Borojov, l’un des deux observateurs de l’Église orthodoxe russe au
cours du concile Vatican II.

À Rome, Chiara échange pour la première fois avec le frère Roger Schutz, fondateur de la communauté œcuménique de Taizé.

Le 13 juin 1967, grâce au religieux Angelo Beghetto, appelé aussi padre Nazareno, qui a été transféré à Istanbul comme supérieur du couvent des frères franciscains conventuels (O.F.M.), Chiara rencontre Athénagoras Ier, patriarche de Constantinople.

Chiara écrit plus tard : « Il m’a accueillie comme s’il me connaissait depuis toujours. Il me dit : “C’est vous ? Je vous attendais ! Je prie pour votre OEuvre. Je vous admire. Nous avons besoin de votre présence. Vous avez deux pères spirituels : un, très grand, Sa Sainteté le pape Paul, et un autre ici, âgé. Alors vous devez rester avec votre second père spirituel”, puis il dit encore : “J’ai lu des choses sur l’OEuvre de ma petite fille spirituelle. Je connais son grand message, la grande nouvelle, toujours nouvelle depuis deux mille ans. Alors, dites-moi.” Et il a voulu que je lui raconte les contacts du Mouvement avec les luthériens et les anglicans, en Allemagne, en Angleterre et en Amérique.

“C’est une très bonne chose de se connaître, a-t-il commenté. Nous avons vécu isolés, sans avoir de frères, sans avoir de sœurs, pendant de nombreux siècles, comme des orphelins ! Les dix premiers siècles du christianisme ont été pour les dogmes et pour l’organisation de l’Église. Durant les dix siècles suivants, nous avons connu les schismes, la division. La troisième époque, celle-ci, est celle de l’amour. Le frère, c’est notre porte. Voilà le secret.” Et il m’a demandé de garder le contact. »

De 1967 à 1972, Chiara réalise huit voyages à Istanbul et rencontre vingt-cinq fois le Patriarche, devenu un grand ami.

À chaque retour de ses voyages à Istanbul, Chiara va rendre compte au Pape de ses entretiens. Chiara devient ainsi, sans le vouloir, le trait d’union entre le Patriarche et le Pape. Puis, s’organise le voyage de Paul VI à Istanbul, le 25 juillet 1967, et celui d’Athénagoras à Rome, le 26 octobre de la même année.

Athénagoras écrit : « Les trois rencontres avec Paul VI à Jérusalem le 5 janvier 1964, ici à Istanbul le 25 juin 1967 et à Rome le 26 octobre 1967, qui constituent le signe surprenant et glorieux du triomphe de l’amour du Christ et de la grandeur du Pape, nous ont définitivement mis, avec fermeté de foi et d’espérance, sur la voie bénie pour la réalisation de la volonté du Christ, c’est-à-dire la rencontre dans le même calice de Son sang et de Son corps. »

En 1972, au moment de sa disparition, Chiara écrit : « Nous avons au Ciel un très grand protecteur de notre Mouvement. » Et elle ajoutait : « Dès que j’ai su qu’il était parti, une question a résonné dans mon âme : “Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?” (Lc 24,5). Oui, il vit et nous le sentons. »

Quelques jours avant la mort d’Athénagoras, place Saint-Pierre, le pape Paul VI s’adresse à un groupe d’orthodoxes et de catholiques venus participer à une rencontre organisée par le mouvement des Focolari. Il leur dit : « Vous devez savoir que ce Mouvement […] qui ne souhaite pas brûler les étapes mais veut réellement nouer des
amitiés, apporte la possibilité de résoudre aussi les questions théologiques réelles afin de réaliser une plus grande unité. »

Par la suite, Chiara rencontre également les successeurs d’Athénagoras : Dimitrios Ier et Bartholomée Ier.

Grâce aux rencontres avec Athénagoras, le Mouvement s’installe en Turquie de façon stable. Aletta, une des premières compagnes de Chiara, arrive à Istanbul le 7 décembre 1967 et une autre focolarine la rejoint un peu plus tard. Une des difficultés est l’impossibilité d’obtenir un permis de séjour, ce qui les oblige à sortir du pays tous les trois mois pour y revenir en simples touristes. À partir d’Istanbul, les focolarines se rendent au Liban, en Égypte, en Jordanie, en Israël… En 1971, des focolares s’ouvrent au Liban, à Jérusalem, à Amman et en Égypte.

Dominique FILY

redaction@nouvellecite.fr

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