| Auteur : | Jeanne MEIGNAN |
| ISBN : | 9782853136211 |
| Parution : | octobre 2010 |
| Prix : | 17 € 160 pages |
| Disponible |
Elle se nomme Meignan et se prénomme Jeanne. Jeanne : un prénom prédestiné ! Comme D’arc, comme Hachette, comme « la Jeanne » de Georges Brassens, elle incarne la révolte, le dévouement aux plus pauvres, le courage, la générosité et le goût de la justice. Des tendances innées, et qu’elle a du mal à expliquer. En 1941, elle a 13 ans, les Allemands occupent la France. A l’école qu’elle fréquente à Versailles, des gamines de sa classe sont bannies. Elles portent une étoile jaune au revers de leurs tabliers. Notre Jeanne ne supporte pas leur exclusion. Pourquoi ? Et pourquoi en rentrant chez elle, découpe-t-elle une étoile dans un morceau de tissu jaune, qu’elle se coud sur sa blouse d’école ? Le lendemain, on la retrouve jouant avec les petites juives.
Agée aujourd’hui de 82 ans, pourquoi Jeanne Meignan ne s’accommode toujours pas des ghettos, où l’on enferme les mal-aimés par la vie, les délaissés et les parias ? Elle n’en démord pas : le criminel est un humain que la société n’a pas su entendre. Il a besoin d’amour. Et dans la mère infanticide, c’est d’abord la mère qu’elle retient. Jeanne qui a consacré plus de 40 ans de sa vie aux prisonniers, a ressenti le besoin de témoigner. Alors elle a écrit ce livre qui rassemble ses souvenirs d’éducatrice carcérale puis de visiteuse de prison. Elle raconte des histoires humaines, dont nous faisons tous partie, victimes, coupables, ou témoins.
A Valenciennes où elle habite, Jeanne n’a plus le droit de se rendre en prison, trop âgée selon la loi. Alors elle visite les malades en fin de vie. Des gens souvent seuls, certains en situation de précarité, qu’elle assiste jusqu’à leur dernier souffle. Ses récits ne sont jamais larmoyants. Est-ce parce qu’elle est croyante ? Et que la mort est pour elle un passage vers une autre vie ? Et puis, elle reçoit toujours des anciens détenus dont elle s’est occupé. Ils viennent la remercier. Lui dire qu’elle est toujours au coeur de leurs pensées. Ses enfants - elle en a douze - ont beau lui dire que c’est dangereux, que ces gens ont des réactions imprévisibles, et qu’on ne sait jamais… Jeanne s’entête. Le vrai danger, leur répond-elle, c’est notre société qui nous empêche de poser un regard sur la détresse qui nous entoure, notre surdité qui nous rend indifférents aux cris des souffrants, l’égoïsme qui nous qui nous enferme dans notre petit confort quotidien. Pour Jeanne, pas de risque de ce côté-là !
· Luc Balbont, grand reporter au Pèlerin, a collaboré avec Jeanne Meignan pour la rédaction de ce récit.
Maison du Diocèse à Raismes (Valenciennes) avec Luc BALBONT, journaliste au Pèlerin
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