La mamy des bannis

La mamy des bannis

Dans les prisons, 40 ans au service des détenus

 Elle se nomme Meignan et se pré­nomme Jeanne. Jeanne : un prénom pré­destiné ! Comme D’arc, comme Hachette, comme « la Jeanne » de Georges Brassens, elle incarne la révolte, le dévouement aux plus pauvres, le courage, la géné­rosité et le goût de la justice. Des ten­dances innées, et qu’elle a du mal à expliquer. En 1941, elle a 13 ans, les Alle­mands occupent la France. A l’école qu’elle fré­quente à Ver­sailles, des gamines de sa classe sont bannies. Elles portent une étoile jaune au revers de leurs tabliers. Notre Jeanne ne sup­porte pas leur exclusion. Pourquoi ? Et pourquoi en ren­trant chez elle, découpe-​​t-​​elle une étoile dans un morceau de tissu jaune, qu’elle se coud sur sa blouse d’école ? Le len­demain, on la retrouve jouant avec les petites juives.

Agée aujourd’hui de 82 ans, pourquoi Jeanne Meignan ne s’accommode tou­jours pas des ghettos, où l’on enferme les mal-​​aimés par la vie, les délaissés et les parias ? Elle n’en démord pas : le cri­minel est un humain que la société n’a pas su entendre. Il a besoin d’amour. Et dans la mère infan­ticide, c’est d’abord la mère qu’elle retient. Jeanne qui a consacré plus de 40 ans de sa vie aux pri­son­niers, a res­senti le besoin de témoigner. Alors elle a écrit ce livre qui ras­semble ses sou­venirs d’éducatrice car­cérale puis de visi­teuse de prison. Elle raconte des his­toires humaines, dont nous faisons tous partie, vic­times, cou­pables, ou témoins.

A Valen­ciennes où elle habite, Jeanne n’a plus le droit de se rendre en prison, trop âgée selon la loi. Alors elle visite les malades en fin de vie. Des gens souvent seuls, cer­tains en situation de pré­carité, qu’elle assiste jusqu’à leur dernier souffle. Ses récits ne sont jamais lar­moyants. Est-​​ce parce qu’elle est croyante ? Et que la mort est pour elle un passage vers une autre vie ? Et puis, elle reçoit tou­jours des anciens détenus dont elle s’est occupé. Ils viennent la remercier. Lui dire qu’elle est tou­jours au coeur de leurs pensées. Ses enfants - elle en a douze - ont beau lui dire que c’est dan­gereux, que ces gens ont des réac­tions impré­vi­sibles, et qu’on ne sait jamais… Jeanne s’entête. Le vrai danger, leur répond-​​elle, c’est notre société qui nous empêche de poser un regard sur la détresse qui nous entoure, notre surdité qui nous rend indif­fé­rents aux cris des souf­frants, l’égoïsme qui nous qui nous enferme dans notre petit confort quo­tidien. Pour Jeanne, pas de risque de ce côté-​​là !

· Luc Balbont, grand reporter au Pèlerin, a col­laboré avec Jeanne Meignan pour la rédaction de ce récit.

 


Conférences


NORD - Vendredi 11 Mars 2011 à 20:00

20h

Jeanne Meignan, auteur de "La mamy des bannis"

40 ans au service des détenus

Maison du Diocèse à Raismes (Valen­ciennes) avec Luc BALBONT, jour­na­liste au Pèlerin


ANGERS - Mardi 22 Mars 2011

20h30

Jeanne Meignan, auteur de "La mamy des bannis"

40 ans au service des détenus

Ecole d’éducateurs ARIFTS SAFRANTS 10 rue Darwin


NANTES - Mercredi 23 Mars 2011 de 20:30 a 22:30

20h30

Jeanne Meignan, auteur de "La mamy des bannis"

40 ans au service des détenus

Eglise de St Philbert de Grandlieu 44310


ANGERS - Mardi 15 Novembre 2011 de 20:30 a 22:30

20h30

Jeanne Meignan, auteur de « La mamie des bannis »

Quelles relations possibles avec des détenus ?

Centre de formation ARIFTS SAFRANTS 6 rue Georges Morel ANGERS


NANTES - Jeudi 17 Novembre 2011 de 20:30 a 22:30

20h30

Jeanne Meignan, auteur de "La mamie des bannis"

Quelles relations possibles avec des détenus ?

Eglise de St Philbert de Grand Lieu (44)



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